13, Corselets.—Petites cuirasses que portaient les piquiers dans les régiments des gardes et dont le nom s’étendait à ceux qui en étaient revêtus.
14, Rouge.—Croix blanche et croix rouge. La croix, depuis les croisades, était fréquemment employée en guerre, dans la catholicité, par les nations adverses pour distinguer les belligérants. A la bataille de Bouvines (1214), les Flamands et les Allemands, opposés aux Français, avaient, pour se distinguer, adopté une croix rouge; au XVIe siècle, la croix blanche était le signe distinctif des Français, la croix rouge celui des Espagnols.
23, Campaigne.—En 1527. Le connétable de Bourbon, opérant pour son propre compte à la tête de partisans auxquels il avait promis le pillage de Rome, exécutait la reconnaissance de la place; l’acte de cet enseigne lui révéla l’existence de cette brèche, par laquelle il fit immédiatement donner l’assaut qui réussit, mais où il trouva la mort. Du Bellay, III.
27, Canonniere.—Embrasure ou ouverture ménagée pour le tir du canon. Il est vraisemblable que c’est là une faute d’impression commise en 1580, qui s’est reproduite d’édition en édition et qu’il faut lire «caponière», sorte de retranchement élevé pour couvrir un passage ou une sortie dans les ouvrages de fortification.
27, Assaillans.—En 1537. Il s’agit ici du siège de Saint-Pol, en Artois. La ville fut emportée d’assaut; cinq mille personnes, tant de la garnison que des habitants, périrent dans les massacres qui suivirent. Guillaume du Bellay, qui raconte le fait (liv. VIII), dit: «Et celuy-cy ie le vey»; il fut également témoin du suivant qui se trouve consigné au même livre de ses Mémoires.
100,
1, Partoit.—L’an 3. Germanicus, après avoir rendu les derniers devoirs aux légions de Varus détruites en ce même endroit six ans auparavant, continuait la poursuite des Germains, lorsque, arrivée à une forêt où Arminius avait fait cacher les siens, la cavalerie romaine fut assaillie à l’improviste et rejetée sur l’infanterie qui la soutenait; le désordre, se propageant, menaçait de se transformer en désastre, quand Germanicus, arrivant avec le corps de bataille, parvint à l’arrêter. Tacite, Annales, I, 63.
10, L’empire.—En 832, en Cappadoce. «Il vaut mieux, lui dit-il, que vous perdiez la vie que si, étant prisonnier, vous faisiez éprouver un si grand déshonneur à la République.» Grâce à cette intervention de Manuel, l’empereur échappa aux mains de l’ennemi; mais, à l’encontre de Montaigne, Zonaras (liv. III), d’où le fait est tiré, donne ce parti pris de ne point fuir, comme un trait de valeur inconsidéré de Théophile, et non de frayeur.
12, Vaillance.—«Son courage est peut-être un effet de la peur.» Corneille, Théodore.
14, Hannibal.—Son père lui avait fait jurer une haine implacable aux Romains. En 219, il ralluma la guerre contre eux en prenant et saccageant en pleine paix la ville de Sagonte (Espagne), leur alliée. Puis, franchissant les Pyrénées, le midi de la Gaule et les Alpes, il les vainc à la Trébie, au Tessin, au lac Trasimène (Italie septentrionale), enfin à Cannes (Italie méridionale) en 216. La fortune cessa dès lors de lui être favorable, et, après s’être maintenu quatorze ans en Italie, sans autres hauts faits, il dut repasser en Afrique pour aller défendre Carthage menacée. Vaincu à Zama (202), pour ne pas tomber aux mains des Romains, il s’exile en Asie Mineure, où il ne cesse de leur fomenter des ennemis, et finalement s’empoisonne pour ne pas leur être livré.