13, Saint Augustin.—Dans la Cité de Dieu, XIV, 24; voir aussi le commentaire de Vivès sur ce passage.—Il y a vingt ou trente ans, un individu, tirant parti de cette même affection, affublé de la qualité de Pétomane, se donnait en spectacle à Paris; il en était arrivé à jouer certains airs.

25, Pouuoir.—Claude, empereur romain. Suétone (Claude, 32) dit seulement: Il méditait, assure-t-on, de rendre un édit «pour permettre de lâcher des vents à sa table», parce qu’il avait appris qu’un de ses convives avait pensé mourir pour s’être retenu devant lui. «Ne vous étonnez pas davantage, dit Rabelais, de celui-ci qui, pour retenir son vent et défaut de péter un mauvais coup, mourut subitement en présence de Claudius», origine probable de cette intention.

146,

12, Espaigne.—Les écrouelles, affection chronique des glandes du cou, vulgairement appelées «humeurs froides».—Les rois de France passaient jadis pour avoir le don de guérir cette maladie. A cet effet, ils faisaient sur la face du malade un signe de croix, en le touchant du front au menton et d’une oreille à l’autre, en disant: «Le roi te touche, Dieu te guérit.» Ils procédaient à cette opération, plus particulièrement le jour de leur sacre et à différentes fêtes annoncées à l’avance, pour que ceux qui le voulaient pussent se présenter. Le jour de son sacre, Louis XIV en toucha près de 2.000. Les étrangers se présentaient en grand nombre, notamment les Espagnols, chez lesquels cette maladie était, paraît-il, assez répandue; ce seraient eux qui, pour cacher ce mal, auraient inventé ces grandes fraises, en usage autrefois, particulièrement au XVIe siècle.—L’antiquité est fertile en superstitions de ce genre: Pyrrhus, roi d’Épire, guérissait les gens malades de la rate en leur touchant le flanc gauche avec son orteil droit; ils devaient au préalable avoir sacrifié un coq blanc. Montaigne, d’après Plutarque, cite ailleurs le fait de Vespasien rendant la vue à deux aveugles en leur humectant la paupière avec sa salive.

17, Aposéme.—Apozème, terme de médecine; potion faite d’une décoction d’herbes.

37, Façon.—Ce trait est, après Montaigne, rapporté dans les anecdotes de médecine de Dumonchau.—De cet effet d’imagination vrai ou faux, on peut rapprocher celui bien réel qui se produit journellement quand on souffre des dents et qu’on se décide à s’en faire arracher; l’appréhension de la douleur fait que très fréquemment le mal disparaît, quand le dentiste se dispose à opérer.

148,

7, Douleur.—Des faits semblables sont assez fréquents dans les annales médicales.—L’illustre chirurgien Velpeau eut jadis à traiter un malade persuadé qu’il avait avalé une couleuvre et le guérit en procédant de la même façon.—Tout récemment le docteur Richelot, à l’hôpital Cochin, à Paris, avait affaire à une femme prétendant avoir avalé, en buvant à un ruisseau, il y avait une quarantaine d’années, un œuf de lézard, qui avait éclos en elle et produit un lézard qui la gênait de plus en plus et était devenu intolérable. Il l’endormit, lui fit une incision superficielle et, à son réveil, lui produisit un magnifique lézard vert, d’une trentaine de centimètres de long, dont il s’était nanti au préalable. La femme fut convaincue et guérie, jusqu’à ce que quelque temps après, apprenant la supercherie par les journaux, les mêmes effets se reproduisirent en elle.—Ces effets sont le résultat de troubles nerveux très connus aujourd’hui, qui affectent parfois une forme plus curieuse encore dans le cas de la grossesse nerveuse, où la femme se figure être enceinte, en présente tous les symptômes, a dès les premiers mois des vomissements, s’imagine plus tard sentir remuer l’enfant qui n’existe pas, jusqu’à ce que vers le neuvième mois tout rentre insensiblement de soi-même dans l’ordre.

29, Regard.—C’est la croyance au mauvais œil, dont, quelques lignes plus loin, Montaigne gratifie les sorciers. La Scythie n’était pas le seul pays où pareille croyance existait, et nous la trouvons encore aujourd’hui dans bien des pays se disant civilisés, notamment en Italie, où le «jettatore» (jeteur de sorts) est un être redouté, faisant le mal sans même en avoir l’intention. Aussi, s’en garde-t-on avec grand soin; heureusement, il est facile à reconnaître; du reste, pour s’en protéger, il existe des préservatifs: pour conjurer le mauvais sort les dames romaines portaient à cet effet, dans l’antiquité, des priapes de bronze d’or, que les modernes remplacent par des cornes en corail ou en jais; les Orientaux donnent la préférence à des mains en argent, assez grossièrement imitées, les cinq doigts ouverts; à la rigueur, si on est surpris, la main ainsi étendue, les doigts écartés et dirigés vers celui qui vous menace ainsi, d’une façon consciente ou inconsciente, suffit pour vous en défendre.

37, More.—Ludovic Sforza, duc de Milan, dont il a été question, I, 104, dit le More ou le Maure, en raison de son teint basané.