11, Commun.—Dans le ch. III du liv. III, Montaigne revient sur ces idées et les développe.

16, Receües.—Saint Augustin était de cet avis lorsqu’il répondait à un prêtre qui lui demandait s’il valait mieux suivre la liturgie de Rome ou celle de Milan: «A Rome, suivez la liturgie de Rome; à Milan, celle de Milan.» Par contre, La Bruyère dit à ce sujet: «Il faut faire comme les autres,» maxime suspecte qui signifie presque toujours: «Il faut mal faire», dès qu’elle s’applique au delà de ces choses purement extérieures, qui n’ont point de suites et dépendent de l’usage, de la mode ou de la bienséance.—«Différence complète au dedans, dit Sénèque à ce même propos, mais ressemblance entière au dehors.»—«Pour ne pas rompre l’harmonie, le sage doit parler la langue des fous.» Abbé des Fontaines.

23, Est.—En disant que la première loi est de se conformer à celles du pays dans lequel on se trouve, Montaigne l’entend sous tous rapports, sous celui des usages tout aussi bien que des lois proprement dites; de fait, pour ne parler que de l’hygiène, de l’alimentation, de l’habillement, la plupart de ceux qui, en pays étranger, ont voulu faire mieux que les indigènes, ont eu à s’en repentir.

26, Remuer.—S’il en était ainsi, toute réforme, tout progrès seraient impossibles et les abus se perpétueraient. Il est des cas où l’expérience révèle des inconvénients sérieux pour les intérêts généraux, à s’en tenir aux anciennes pratiques. Quand le fait est bien démontré, il n’y a pas d’hésitation à avoir: ce qui existe, est à modifier, sans avoir égard aux intérêts de moindre importance qui s’en trouveront lésés; car, comme le disait Caton, il n’y a aucune bonne loi qui soit avantageuse à tout le monde. Il est incontestable, en outre, qu’il y a des circonstances où la nécessité presse au point qu’il faut que les lois lui fassent place. Mais de là à tout bouleverser, comme cela avait lieu à l’époque où écrivait Montaigne, et ainsi que cela existe, de parti pris, en ce moment en France, à l’effet d’y introduire le socialisme d’État, il y a un abîme.

29, Thuriens.—Charondas. Diodore de Sicile, XII, 24.

34, Ordonnances.—Lycurgue qui, après avoir donné à sa patrie une législation à laquelle longtemps elle dut sa gloire et sa force, fit jurer à ses concitoyens de n’y rien changer pendant son absence, puis entreprit un long voyage duquel, de propos délibéré, il ne revint jamais. Plutarque, Lycurgue, 22.

178,

1, Façon.—Phrynis ajouta deux cordes à la cithare qui n’en avait alors que sept. Aristophane, dans sa comédie des Nuées, lui reproche d’avoir substitué à la musique noble et mâle de ce temps, des airs mous et efféminés.

5, Marseille.—Cette épée, suivant Valère Maxime, II, 6, 7, avait servi à trancher la tête aux criminels; elle existait depuis la fondation de la ville, était rongée de rouille et presque hors de service.

7, Dommageables.—Que dirait aujourd’hui Montaigne, en voyant l’action inconsciente des foules se substituant de plus en plus dans le domaine social et politique à l’activité consciente des individus? «nouuelleté», l’une des caractéristiques principales de l’âge actuel, absolument en dehors de celles auxquelles il fait allusion, et qui, nous conduisant insensiblement au socialisme, dépasse si fort ses prévisions les plus pessimistes.