25, Politique.—Il est assez curieux de voir ici Montaigne donner le pas au pouvoir temporel sur le spirituel, et mettre l’autorité politique quelle qu’elle soit, au-dessus de l’autorité ecclésiastique; il y a là en germe la doctrine de l’église gallicane.

182,

1, Isocrates.—Discours à Nicoclès.

2, Party.—Le passage qui suit, «car qui... sequor (lig. 2 à 30)», ne figure pas sur la majeure partie des exemplaires de l’édition originale de 1595; il a été ajouté seulement sur les derniers tirés, Mlle de Gournay s’étant probablement aperçue de l’omission en cours de tirage.

184,

13, Inequalité.—Il est certain qu’un homme placé dans une circonstance critique se trouve dans le cas du chien de La Fontaine qui porte à son cou le dîner de son maître, qui après l’avoir défendu de son mieux, trop faible contre ceux qui l’attaquaient, voulut au moins en avoir sa part et fut le premier à prendre un morceau; du reste c’est toujours l’homme que peint notre fabuliste, quand il fait parler ou agir ses animaux.

24, Remuer.—Tiberius Gracchus proposait aux Patriciens de se dessaisir en faveur des citoyens pauvres, et moyennant indemnité, de terres qu’ils détenaient contrairement à la loi; Octavius son collègue au tribunat, usant de son droit, mit opposition à cette proposition, ce qui conduisit T. Gracchus à en formuler de plus dures, accentua la division entre l’oligarchie et le peuple et amena les désordres qui conduisirent à la guerre civile entre Marius et Sylla et à la dictature de ce dernier.—Caton le Jeune, par son opposition à la loi qui rappelait à Rome Pompée et son armée, et cela par crainte de l’influence que celui-ci en retirerait, le porta à s’unir à César, ce qui les rendit tout-puissants, puis rivaux, et engendra entre eux la guerre civile qui mit fin à la République romaine.—De nos jours, en France, la résistance du Pape Pie X à la constitution des associations cultuelles de la loi de séparation de 1905 de l’Église et de l’État, que beaucoup de bons esprits et excellents catholiques de France, y compris nombre de membres de tous rangs du clergé, estimaient acceptable, donna lieu en 1906 à une nouvelle loi qui enleva au clergé les immeubles dont la jouissance lui avait été conservée et lui fit une situation beaucoup plus précaire, dont en ces temps d’indifférence religieuse il est plus difficile de prévoir l’issue.

28, Veulent.—«Il faut vouloir ce qu’on ne peut empêcher», dit le proverbe.

29, Heures.—Après la bataille de Leuctres, 371, qui enleva à tout jamais aux Spartiates la prééminence en Grèce, le nombre des fuyards fut considérable, et les lois de Lacédémone les notaient d’infamie; devant l’inconvénient d’avoir un aussi grand nombre de citoyens frappés d’incapacité, alors qu’on avait tant besoin de soldats, Agésilas proposa et fit adopter de laisser dormir les lois ce jour-là, et de leur rendre toute leur autorité le lendemain. Plutarque, Agésilas et Apophth. des Lacédémoniens. C’était en fait l’amnistie que nous appliquons si fréquemment à tout propos et souvent hors de propos, accommodée suivant les convenances du parti au pouvoir.

30, Calendrier.—Alexandre assiégeait Tyr, 332. Le devin Aristandre lui annonça à la suite d’un sacrifice que, d’après l’examen des entrailles des victimes, la ville tomberait, dans le mois, en son pouvoir. On était au dernier jour du mois, et les assistants se moquaient de cette impossibilité flagrante. Alexandre, ne voulant pas que la science du devin, dont il usait fréquemment pour faire accepter ses projets par son armée, se trouvât en défaut, ordonna que ce jour, qui était le trentième du mois, fût compté comme seulement le vingt-septième, et sur l’heure il fit sonner les trompettes et donner l’assaut; la ville, assiégée depuis sept mois, fut emportée le jour même. Plutarque, Alexandre.