Des lois somptuaires, I, 497.—Interdire l’usage de l’or et de la soie à certaines classes de la société dans le but d’enrayer le luxe, c’est aller à l’encontre de ce que l’on se propose, 497.—L’exemple des grands fait loi, c’est pourquoi ils devraient se distinguer par leur simplicité (Zeleucus), 497.—Bizarrerie et incommodité de certaines modes, 499.—Même dans les modes, les changements sont dangereux pour la jeunesse (Platon), 501.
CHAPITRE XLIV.
Du sommeil, I, 501.—Sans doute le sage peut commander à ses passions; mais il n’est pas impassible et il ne peut les empêcher d’émouvoir son âme; aussi, faut-il regarder comme très extraordinaires ces hommes qui, dans les plus importantes circonstances de leur vie et lorsqu’ils devraient éprouver les plus vives agitations, ont pu se livrer au sommeil (Alexandre le Grand, l’empereur Othon, Caton d’Utique, le jeune Marius), 501.—Le sommeil est-il nécessaire à la vie (Persée, Pline, Hérodote, Épiménide)? 505.
CHAPITRE XLV.
Sur la bataille de Dreux, I, 505.—Il importe peu que, dans une action de guerre, un chef ne fasse pas tout ce que commande le devoir ou la bravoure, pourvu qu’il obtienne la victoire; le succès est le seul objectif à poursuivre (le duc de Guise, Philopœmen, Agésilas), 505.
CHAPITRE XLVI.
Des noms, I, 509.—Il est des noms qui sont pris en mauvaise part; certains sont, par tradition, plus particulièrement usités dans telle ou telle famille de souverains, d’autres plus ou moins répandus chez tel ou tel peuple (noblesse répartie en un festin suivant la ressemblance des noms; mets servis dans l’ordre alphabétique), 509.—Il est avantageux de porter un nom aisé à prononcer et qui se retient facilement, 509.—Influence des noms (un jeune homme de Poitiers; Pythagore, les Calvinistes), 511.—Il serait bon de ne jamais traduire les noms propres et de les laisser tels qu’ils sont écrits et se prononcent dans leur langue d’origine (Jacques Amyot), 511.—Inconvénient qu’il y a à prendre, comme cela se fait en France, des noms de terre; la tendance à falsifier les généalogies s’en trouve favorisée, 513.—Les armoiries passent également des uns aux autres (Armoiries de Montaigne), 515.—On se donne bien de la peine pour illustrer un nom qui souvent sera altéré par la postérité; un nom, après nous, n’est en fin de compte qu’un mot et un assemblage de traits sans objet (Duguesclin), 515.—Parfois, de notre vivant même, ce n’est qu’un pseudonyme (Nicolas Denoist, Suétone, Bayard, Escalin), 515.—A qui le souvenir que les noms consacrent, s’applique-t-il parmi le grand nombre d’êtres connus et inconnus de l’histoire, qui ne sont plus et qui ont porté le même nom? 517.—Qu’importe après eux aux grands hommes la gloire de leur nom (Épaminondas, Scipion l’Africain)? 547.
CHAPITRE XLVII.
Incertitude de notre jugement, I, 519.—En maintes occasions on peut être incertain sur le parti à prendre, par exemple: Faut-il poursuivre à outrance un ennemi vaincu? L’adversaire peut regarder comme un témoignage de faiblesse que vous ne poursuiviez pas le cours d’un succès; et, d’autre part, c’est quelquefois une imprudence qui peut devenir fatale, le désespoir pouvant donner de nouvelles forces au vaincu (le duc d’Anjou à Montcontour, les Espagnols à S.-Quentin, Pompée à Oricum, Sylla et Marius pendant la guerre sociale, M. de Foix à Ravenne, les Lacédémoniens, Clodomir, roi d’Aquitaine), 519.—Faut-il permettre que les soldats soient richement armés? Leur courage en est quelquefois exalté; ils sont plus fiers et ont davantage le désir de conserver des armes précieuses, mais on présente à l’ennemi un appât de plus (les peuples d’Asie, les Romains et les Samnites, réponse d’Annibal à Antiochus, Lycurgue), 521.—Faut-il permettre aux soldats de braver l’ennemi par leurs propos au moment d’en venir aux mains? S’il est bon de maintenir en eux l’idée de leur supériorité sur leurs adversaires, il peut arriver aussi que les injures rendent le courage à ceux qui l’avaient perdu (Vitellius et Othon), 523.—Un général doit-il, pour le combat, se déguiser pour n’être pas reconnu des ennemis? Cette ruse a quelquefois du succès, mais elle expose le chef à être méconnu de ses troupes (le roi Pyrrhus, Alexandre, César, Lucullus, Agis, Agésilas, Gylippe), 523.—Est-il préférable au combat de demeurer sur la défensive ou de prendre l’offensive? D’une part celui qui attend en position sent faiblir son courage; mais, de l’autre, en se portant à l’attaque, on risque de se désagréger et d’épuiser ses forces dans la course finale (bataille de Pharsale, Cléarque à Cunaxa), 525.—Vaut-il mieux attendre l’ennemi chez soi ou aller le combattre chez lui? Chez soi, le pays est foulé par les deux partis, ses ressources sont annihilées, les habitants molestés, un échec peut les conduire à prendre de fâcheuses résolutions; par contre, on y dispose de tout, il vous est favorable et connu dans tous ses détails, les communications de l’ennemi y sont difficiles, il est obligé de se garder de toutes parts, en cas de revers la retraite peut lui être coupée (invasion de la Provence par les Espagnols sous François Ier, Scipion et Annibal, les Athéniens en Sicile, Agathocle en Afrique), 525.—Cette même indécision, que nous relevons dans des circonstances ayant trait à la guerre, existe dans toutes les déterminations, de quelque nature qu’elles soient, que nous pouvons avoir à prendre, 529.