23, Liberté.—Syndiquer sa liberté, c’est l’aliéner, donner à un autre des droits sur elle, d’où syndicat, mot qui aujourd’hui rend si bien la chose; en ce que ceux qui en font partie abdiquent toute volonté entre les mains de quelques-uns qui se font les porte-paroles des revendications de tous ceux qui les suivent, parfois à regret, parfois contre leurs intérêts, jusque dans leurs exagérations et leurs violences, au risque parfois de tuer dans un avenir plus ou moins proche la poule aux œufs d’or, autrement dit l’industrie qui les fait vivre.—Les syndicats qui, en France, sont présentement (1906) au nombre de 12.000, réunissant 2.000.000 d’adhérents, constituent un mode d’association dont la puissance est énorme, par le nombre et l’unité de volonté. C’est une force aveugle souvent, redoutable toujours, d’autant qu’ils sont irresponsables, qui transforme de craintifs mercenaires en hommes avec lesquels il faut discuter sur un pied d’égalité; malheureusement leurs tendances despotiques dépassent souvent le but, les excès qu’ils provoquent portent trop fréquemment atteinte à notre industrie et à notre commerce et rendent peu enviable le sort des patrons. La nécessité finira par amener une détente dans ces rapports, on arrivera à comprendre que les intérêts de ceux-ci et de leurs ouvriers sont de même ordre, que les uns et les autres ont un maître commun, la clientèle seule régulatrice réelle des salaires, mais que de désastres avant d’en être arrivés là! En attendant il serait indispensable que les syndiqués portassent solidairement la responsabilité des attentats aux personnes et aux propriétés qu’ils commettent et que de ce fait leurs chefs soient passibles des peines portées contre quiconque a incité à commettre les crimes et délits dont sont l’occasion les désordres dont ils sont la cause première.
Leur action a du reste parfois des effets imprévus, bien différents de ce qu’ils espéraient; c’est ainsi qu’en voulant réglementer les heures de travail et les salaires, ils ont amené les patrons à restreindre le nombre de leurs ouvriers, à ne garder que les plus capables et les payer à la tâche. Les autres sont allés grossir le nombre déjà si considérable des ratés de toutes sortes, et s’ils cherchent encore à demander au travail quelques moyens d’existence, ils sont obligés d’accepter à des prix dérisoires celui qu’ils arrivent accidentellement à se procurer d’industriels éhontés qui exploitent leur misère et contre lesquels leurs syndicats ne peuvent rien. G. Lebon.
25, S’il s’en... acharnez.—Var. des éd. ant.: «car il y a grand dangier qu’ils ne se perdent en ce debordement».
28, Obseruée.—Montaigne traite ce même sujet, liv. III, ch. V (III, 196).—Ce précepte devait être d’observation difficile dans l’antiquité, là où il était dans les habitudes que les époux couchassent nus dans leur lit, ce que mentionne Hérodote et dont on trouve confirmation dans nombre d’auteurs anciens, dans S. Cyprien entre autres. Payen.
29, Illegitime.—C’est dans cet esprit que l’Église prônant la continence interdisait tout rapprochement entre les nouveaux mariés durant les trois premiers jours de leur union, et aussi défendait au mari de voir sa femme nue:—Maritus non debet uxorem suam nudam videre.» Payen. Cette abstinence durant les trois premiers jours, l’ange Raphaël la conseilla pareillement, pour conjurer le démon, à Tobie épousant Sara, qui déjà avait eu sept maris, morts dès la première nuit de leurs noces, sans l’avoir déflorée. Livre de Tobie.
29, Encheriments.—Caresses, démonstrations d’affection, de cherer ou cherir, caresser:
«Ne vous forcez de me cherer.
Chere ne quiert point violence.» Marot.
Chérir est seul demeuré dans la langue, mais avec un sens plus platonique.
35, Simple.—Dans une annotation sur un exemplaire des Essais, Florimond de Rémon, auquel Montaigne avait vendu sa charge de conseiller au parlement, avait écrit: «I’ai ouy dire à l’auteur, qu’encore que plein d’ardeur et de ieunesse, il eut épousé sa femme tres belle et bien aimable, si est ce qu’il ne s’estoit iamais ioué auec elle, qu’auec le respect et l’honnesteté que la couche maritale requiert, sans auoir vu oncques à decouuert que la main et le visage, non pas mesme son sein, quoique parmi les autres femmes il fut extrêmement folatre et débauché.»