J’entends que la raison me dit que vainement
Je m’afflige d’un mal qui n’a point de remède,
Mais je verse des pleurs dans le même moment
Et sens qu’à ma douleur toute ma vertu cède.»
Tout ce que l’on peut concéder, c’est que le premier moment passé, la raison est à même de reprendre le dessus sur la nature, et qu’en outre de l’effet du temps, en s’évertuant à écarter de sa pensée les sujets pénibles, on finit dans une certaine mesure par y échapper.
32, Dit.—Cette maxime des Pythagoriciens n’est pas de Socrate; Montaigne la lui attribue parce que dans le recueil de Stobée, d’où il l’a tirée, elle suit immédiatement un mot de Socrate.
35, Office.—La rédaction du texte grec est la suivante: «Chaque âge a ses devoirs particuliers: les enfants doivent suivre les écoles; les jeunes gens s’appliquer à connaître les lois et les usages de la société; aux hommes faits incombe d’agir et d’occuper les charges publiques; aux vieillards les fonctions de juge et l’entrée dans les conseils en raison de leur expérience.»—Une autre sentence grecque dit pareillement: «Le vieillard délibère, l’homme fait agit, l’adolescent s’instruit.»
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31, Paix.—De nos jours, ce sont les manœuvres dites à double action, que clôturent les manœuvres d’automne, qui constituent cette préparation à la guerre; mais ici encore on a trop tendance à donner dans l’extrême.—C’est sans contredit une chose excellente que tout chef fasse manœuvrer sur le terrain l’unité qu’il commande, en vue de la conduite à tenir à une proximité telle de l’ennemi, qu’on peut en venir aux mains d’un moment à l’autre. Or, dans ces conditions, le commandement immédiat ne saurait excéder le corps d’armée; par suite, deux corps d’armée agissant l’un contre l’autre est le maximum d’envergure qu’on peut raisonnablement donner à ces manœuvres. Cette limite imposée dans la réalité par l’étendue des fronts à la guerre, l’est encore ici par les invraisemblances du temps de paix qui augmentent considérablement avec les effectifs en présence et les espaces sur lesquels on opère; et si quand même on veut faire concourir à une même action au delà de deux corps d’armée opposés, on en arrive au grotesque et chacun y désapprend au lieu d’apprendre; du reste c’est surtout avec des effectifs moyens, composés des trois armes (régiment, brigade, division), qu’en dehors de toute autre considération les manœuvres de ce genre sont le plus profitables.
A la vérité, il est non moins indispensable de former le commandement et les états-majors à la manœuvre et à l’établissement des ordres de mouvement d’effectifs comprenant plusieurs corps d’armée dans la période qui prend fin au moment où la bataille est sur le point de s’engager, alors que par exemple la distance qui sépare les masses opposées n’excède pas une journée de marche, soit une vingtaine de kilomètres; mais, pour cela, les manœuvres dites sur la carte satisfont amplement; les hypothèses suffisent, la présence des troupes n’ajoute rien, bien plus elle est nuisible par les conditions différentes du temps de guerre dont il faudrait tenir compte; la vue du terrain n’est pas indispensable; il ne l’est pas davantage que chefs et états-majors soient réunis, chacun peut demeurer à son poste habituel; le travail peut se faire et s’est fait (car ce n’est point là une innovation) par correspondance, les participants aux quatre coins de la France; il peut prendre des mois, cela importe peu, d’autant qu’il faut laisser à chacun le temps de la réflexion, point capital quand il s’agit d’études.