38, Sciat.—Citation tirée de Virgile, mais où Montaigne introduit des changements.

434,

7, Bien.—Plutarque, Périclès, 1.

10, Moy.—Plutarque, Comment on peut discerner le flatteur d’avec l’ami, 25.

10, Iphicrates.—Plutarque, De la Fortune.—Iphicrate est demeuré fameux par la discipline qu’il exigeait des troupes. Faisant une ronde au siège de Corinthe et trouvant une sentinelle endormie, il la perça de son javelot; et, comme on le blâmait de l’avoir ainsi tuée: «Telle je l’ai trouvée, dit-il, telle je l’ai laissée.» C’est lui qui créa les Peltastes, soldats armés à la légère.

14, Ceux-là.—Plutarque, Traité de la Fortune.—Au moins en principe, il était admis jadis, dans les gouvernements démocratiques comme dans tous autres, que gouverner c’est conduire et non être conduit, mais ceux qui conduisent étant effectivement responsables de la manière dont ils s’en acquittent.

Les choses ont bien changé, c’est même le principe contraire que consacre cette institution, créée par crainte du despotisme, de rois constitutionnels et autres chefs d’État aux dénominations diverses qui sont irresponsables et dont le rôle, dans sa partie essentielle, se borne à la représentation, à la constitution des ministères et à la promulgation des lois et décrets à la rédaction desquels ils demeurent étrangers. Réduite à ce qu’elle est, leur action pourrait encore être de quelque efficacité; mais, pour cela, il faudrait qu’ils aient du caractère. Il est bien loin d’en être toujours ainsi; n’avons-nous pas vu l’un d’eux, durant les sept années qu’il a occupé ces fonctions, désavouer en maintes occasions ce que, contre le gré de sa conscience, il ratifiait de sa signature, sans jamais user du droit, peut-être illusoire, mais dont il eût dû user néanmoins, que lui conférait la constitution d’en appeler à une seconde délibération.

Malheureusement, en France, où, Dieu merci, aucune classe privilégiée n’existe plus sur laquelle on puisse prendre appui pour gouverner sauf à en abuser parfois pour opprimer les autres classes, mais où les minorités ne sont pas représentées en proportion de ce qu’elles sont, la passivité du chef de l’État, faute de contre-poids, conduit insensiblement à la ruine. Tous les pouvoirs se trouvant entre les mains des parlementaires qui, pour se faire nommer, ont promis à qui mieux mieux tout ce qui pouvait appâter les électeurs; une fois élus, irresponsables eux aussi, ils ne cherchent qu’à préparer leur réélection en se faisant des partisans, et vont gaspillant à cet effet la fortune publique dont ils n’ont cure.

Les causes de ces accroissements incessants de nos budgets, auxquels, pour y suffire, pointe à l’horizon l’impôt sur le revenu si inquisitorial, si dangereux par son élasticité et la possibilité qu’il donne de dégrever les amis et surcharger les adversaires politiques, sont multiples. En dehors des dépenses introduites pour donner satisfaction aux intérêts électoraux particulièrement sous forme d’amendements introduits au dernier moment lors du vote du budget et qui foisonnent surtout en fin de législature, des gaspillages résultant de la pléthore, également en progrès incessants, de fonctionnaires, des gestions directes de l’État si onéreuses, si tyranniques et qui vont aussi s’étendant de plus en plus, certains errements ajoutent encore au mal dans de notables proportions: c’est la défaveur irréfléchie attachée aux demandes de crédits supplémentaires qui, en effet fort souvent sujets à caution, devraient être examinés sans idée préconçue quand elles proviennent d’évaluations demeurées au-dessous des prévisions, ce qui, en l’état actuel, porte à demander au delà du nécessaire pour n’avoir pas à faire de nouvelles demandes; et en second lieu, aux crédits demeurés sans emploi, ce qui, trop souvent, entraîne des réductions non justifiées sur le budget suivant et fait qu’on dépense quand même la totalité des allocations; ce sont là des abus auxquels remédierait de pouvoir, sous certaines garanties, effectuer des virements pour, à l’aide de fonds demeurés disponibles, solder les dépenses insuffisamment dotées.

C’est à ces errements que nous devons d’avoir, pour l’année 1906, un budget qui, en dehors des budgets des départements et des communes qui le doublent, s’élève à trois milliards sept cents millions, dans lequel même on n’a pas tenu compte des recettes qui feront défaut par suite de la réforme postale, du rétablissement du privilège des bouilleurs de cru, etc..., votés au dernier moment. En 1876, après les désastres de 1870-71 et le paiement de l’indemnité de guerre à l’Allemagne, le budget ne s’élevait qu’à deux milliards six cents millions, soit plus d’un milliard en moins.—Et simultanément, notre dette, y compris les dettes départementales (cinq cents millions) et les dettes communales (quatre milliards), accrue de trois cent soixante-six millions pendant la seule législature de 1902-1906, atteint quarante-quatre milliards.—Nous avons mentionné la marée toujours croissante de fonctionnaires; leur nombre (en dehors de l’armée et des fonctionnaires coloniaux) s’élève toujours en cette même année 1906 à quatre cent cinquante mille, alors qu’ils n’étaient que deux cent quarante mille en 1873! la moitié, payée moitié plus, suffirait; eux-mêmes, les services auxquels ils sont attachés et aussi le budget y gagneraient.