Les hommes mariés ou veufs avec enfants mineurs devraient avoir double vote, ils déposeraient dans l’urne deux bulletins au lieu d’un.—Les abstentions devraient constituer un délit, entraînant amende et affichage à la porte des mairies quand elles ne peuvent être justifiées et témoignent parti pris ou négligence.
Tout projet de loi, émanant du Gouvernement ou de l’initiative parlementaire, devrait avant discussion être soumis soit au Conseil d’État, soit aux Conseils supérieurs existants dans les différents ministères que la question intéresse et leur avis être joint; si le projet entraîne des conséquences budgétaires, l’évaluation de la dépense en résultant serait mentionnée et aussi les ressources disponibles avec lesquelles on se propose d’y subvenir.
Toute loi devrait avoir obtenu, dans chaque chambre, les voix des trois cinquièmes de ses membres.—L’indemnité allouée aux membres du Parlement, décomptée à raison de 300 jours par année, devrait être retenue aux absents, quel que soit le motif de l’absence, à raison de 1/300, soit cinquante francs par journée d’absence.
La loi de finance devrait comporter comme dépenses obligatoires toutes celles résultant de lois antérieures non abrogées par de nouvelles rendues dans les formes ordinaires; et aucune dépense n’y être admise en cours de discussion, dont le service qu’elle a pour objet d’assurer n’ait été au préalable l’objet d’une loi spéciale; on éviterait de la sorte ces demandes éhontées et si nombreuses de crédits qui, présentées au dernier moment, passent à la faveur de la surprise et de la hâte que l’on a d’en finir et qui pullulent surtout en fin de législature.
Enfin que d’économies à réaliser, par exemple ces affichages de discours qui seraient moins répétés s’ils avaient lieu aux frais de ceux qui les votent; dépense d’une douzaine de mille francs chaque fois, bien inutile, car personne ne les lit sur les murs, les feuilles publiques renseignant amplement chaque intéressé.
Ces propositions ne sont pas nouvelles, voilà beau temps que l’opinion publique les réclame, mais elles gêneraient ceux dont elles ont pour objet d’enrayer les abus, et c’est à eux qu’il appartient de prononcer!
16, Flustes.—Plutarque, Périclès.
24, Volume.—La dernière édition des Essais publiée du vivant de l’auteur (celle de 1588) était en un seul volume; en 1598, ils parurent en deux volumes in-8o; en 1608 en trois volumes in-12; en 1617 en quatre volumes in-4o; en 1669 en dix volumes in-12; déjà y avaient été ajoutés une notice sur l’auteur, la traduction des citations, des sommaires, des notes et une table analytique; toutefois jusqu’en ces derniers temps cette augmentation dans le nombre des volumes, qui dans les éditions modernes varie de trois à six, n’avait pas tant eu pour cause, comme actuellement, l’accroissement des commentaires que l’intention de réduire le format de manière à le rendre plus portatif.
27, Essais.—C’est précisément en s’inspirant de cette indication, «en espluchant vn peu plus curieusement les Essais», qu’est résultée l’extension donnée aux notes qui accompagnent la présente édition.
33, Air.—En disant que son livre «porte la semence d’vne matiere plus riche et plus hardie et souuent à gauche vn ton plus delicat», Montaigne veut probablement parler entre autres des questions afférentes à la politique intérieure à laquelle il ne fait que des allusions très indirectes, suffisantes toutefois pour indiquer qu’il trouvait que tout de ce côté n’allait pas à son gré, et à la religion, dont il parle à maintes reprises, mais avec des réticences continues dénotant un antagonisme profond, sur ce point, entre ses croyances de parti pris et sa raison.