526,
1, D’eslire.—C.-à-d. dans le cas de choisir.
2, Terres.—C’est à ce dernier parti qu’il s’arrêta. Charles-Quint revenait d’Afrique, et François Ier avait profité de son éloignement pour renouveler ses tentatives sur le Milanais. L’empereur entra en Provence avec 50.000 h. Le connétable de Montmorency, chargé de lui résister, fit le vide autour de lui, détruisant tout dans le pays, attaquant ses convois, si bien que l’armée impériale, en proie à la famine, dut lever le siège de Marseille et repasser la frontière; son état d’épuisement fut tel, qu’arrivé à Nice, Charles-Quint conclut une trêve de dix ans, qui, de fait, n’en dura que six (1536).
6, Gast.—Desgast, comme portent les éditions antérieures à 1588.
7, Paisant.—L’habitant du pays, la population.
23, Est-ce.—Quoi qu’il en soit, toujours est-il que le roi se décida à rappeler.—Tout ce qui suit est tiré presque mot pour mot d’un discours que François Ier tint en conseil et qui est rapporté par du Bellay, VI.
26, Planté.—Abondance, du latin plenitas, d’où viennent plein, plénitude.
528,
4, Party.—Attendre l’ennemi chez soi, peut être avantageux quand le territoire qu’on cède ainsi est pauvre et vaste, que l’ennemi ne pourra y trouver facilement à vivre, que ses lignes de communication s’allongeront outre mesure, comme en Russie en 1812, ou encore que, de peu de ressources, la population y est par surcroît fanatisée comme en Espagne en 1808; dans le cas contraire c’est presque toujours une faute. En 1536, la Provence était peu riche, et en outre elle ne mène à rien; de plus, à cette époque toutes ses villes étaient fortifiées et en état de résister aux moyens d’attaque d’alors.—Mais on n’est pas toujours libre d’agir comme on le voudrait. Aujourd’hui, il faut s’attendre plus que jamais à voir les hostilités éclater sans déclaration de guerre préalable, comme ont eu lieu en février 1904 les attaques simultanées des Japonais contre Port-Arthur et Tchemulpo; et, étant donné la rapidité avec laquelle on peut entrer en opérations, on est exposé d’un moment à l’autre, en pleine paix, à une invasion que rien ne faisait prévoir alors que déjà elle s’est produite. En présence de l’intérêt qu’il y a à n’être point surpris de la sorte, à rendre impossible toute tentative de cette nature qui trouble la mobilisation, stérilise une partie de vos ressources en hommes et vous enlève toutes autres que présente le territoire envahi, causant en outre un effet moral désastreux dans le pays tout entier; quand on a une frontière, comme notre frontière de l’Est, ainsi menacée de l’irruption soudaine de 111.000 hommes, 10.000 sabres, 888 pièces d’artillerie dont plus de 150 de grosse artillerie (obusiers de 150 et mortiers de 210) capables d’avoir raison de nos forts les plus solidement construits, à laquelle nous ne pouvons opposer que 52.000 hommes, 8.000 sabres et 388 pièces d’artillerie de petit calibre (165 bataillons, 72 escadrons, 148 batteries à effectifs renforcés contre 104 bataillons, 68 escadrons, 89 batteries à effectifs réduits), au total moitié moins; que de plus la forme de notre gouvernement ne nous permet pas de la prévenir et qu’elle ferait tomber, sans coup férir, dès la première heure entre les mains de l’adversaire une ville aussi considérable que Nancy et un territoire aussi populeux et riche que ce qui nous reste de la Lorraine, semblable éventualité est à prévoir et le devoir est de parer à cette situation, en augmentant le nombre des unités de combat que nous avons sur cette frontière, en portant et maintenant constamment ces unités à leurs effectifs de guerre, et construisant autour de Nancy quelques ouvrages non pour en faire une place forte, mais pour la mettre, vu la proximité de la frontière, à l’abri d’un coup de main.—Pour Nancy, c’est uniquement affaire d’argent; pour le relèvement de nos forces, il faudrait supprimer nombre de nos garnisons de l’Ouest et du Sud-Ouest et réorganiser en partie notre état militaire en réduisant à deux dans les régiments d’infanterie des corps d’armée de l’intérieur le nombre des bataillons, en substituant aux brigades de cavalerie de corps de simples régiments, réduisant d’un groupe les régiments d’artillerie de corps, et, avec les économies en hommes, chevaux, bataillons, escadrons et batteries ainsi réalisées, renforcer les effectifs des troupes de l’Est et augmenter le nombre de leurs unités de combat. Il faut, en un mot, placer à demeure sur cette frontière le tiers, la moitié si le tiers ne suffit pas, de notre armée du temps de paix, ne laissant à l’intérieur que des embryons qui ne prendront corps qu’à la mobilisation, par l’incorporation des réserves. Le fera-t-on? Jamais, nous sommes trop veules pour cela; des raisons de politique intérieure interviendront encore, comme toujours: on fera sonner bien haut les dépenses résultant de la construction de nouveaux casernements; les engagements pris vis-à-vis des localités auxquelles on enlèverait ou dont on diminuerait les garnisons; on redoutera leur mécontentement et les conséquences que cela peut avoir pour leurs élus du moment. Ce sera comme pour les sous-préfectures: tout le monde est d’accord sur l’inutilité d’un aussi grand nombre, mais personne ne concède que la sienne soit de celles qui sont à supprimer et toutes demeurent.
9, Sien.—Pour obliger Annibal à évacuer l’Italie méridionale qu’il occupait depuis quatorze ans, Scipion l’Africain passa en Afrique. Carthage menacée rappela ses troupes d’Italie, et bientôt après, la deuxième guerre punique se terminait par la victoire de Zama que Scipion remportait sur Annibal (202).