1, Iournée.—Plutarque, Pyrrhus, 8; le texte grec porte Mégaclès.—En 278, à la bataille d’Asculum. Ayant observé qu’il était l’objet d’attaques personnelles de l’ennemi, Pyrrhus avait donné son manteau et ses armes à Mégaclès, un de ses amis, dont lui-même avait pris l’armure. Ces attaques se poursuivant, Mégaclès, qu’on prenait pour le roi, finit par succomber, et la nouvelle de la mort du roi se répandant, faillit compromettre le succès de la journée: l’ardeur des Romains s’en accrut, tandis que les siens s’en trouvaient découragés, ce qui amena Pyrrhus à se multiplier en combattant à découvert pour que chacun fût à même de constater qu’il existait encore. V. I, 494 et N. [Italie].
3, Particuliere.—Nelson, au combat de Trafalgar (1805), paré de toutes ses décorations, était facilement reconnaissable.—Henri IV se distinguait également bien au milieu des siens: «Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ralliez-vous à mon panache blanc, leur disait-il, à la bataille d’Ivry (1590); vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire.»
4, Gilippus.—Diodore de Sicile, XIII, 33.—Ce qualificatif de grand attribué à Gylippe ne s’explique guère, à moins que ce ne soit par ironie. A la vérité, il battit les Athéniens à Syracuse, mais condamné à mort pour s’être approprié une partie des contributions de guerre qu’il devait transporter à Sparte, il fut contraint de s’expatrier pour échapper au supplice. Son père, Cléarque, s’était trouvé dans le même cas. En dehors de cela, dit Plutarque, tenus tous deux pour d’excellents hommes (Ve siècle).
5, Pharsale.—Plutarque, Pompée, 19.—L’an 48. César y remporta sur Pompée une victoire décisive qui fut bientôt suivie du meurtre de ce dernier en Égypte, où il allait chercher asile.—César, De Bello civ., III, 17, blâme aussi Pompée de la faute qui lui est reprochée ici.
21, Haleine.—A l’époque actuelle où l’armement est tout autre et où, au combat, on manœuvre beaucoup plus que par le passé, l’offensive surexcite le soldat, accroît son moral, lui masque ses pertes, est dans le cas de surprendre l’ennemi, de faire que ses réserves immobilisées ou retardées n’arrivent pas à temps, l’empêchent de modifier, comme il conviendrait, son ordre de bataille.—La défensive-offensive qui consiste à laisser venir l’adversaire se briser contre une position favorable, dont les avantages naturels ont pu encore être accrus par les travaux qu’on a pu exécuter, puis à prendre à son tour l’offensive contre lui, quand il est épuisé, est théoriquement ce qu’il y aurait de mieux, si, à la guerre, on était maître des événements. Mais l’attaque se produit si souvent dans une direction autre que celle où on l’attend, l’offensive est si difficile à reprendre au moment précis où il faudrait qu’elle se produise, que ce procédé est inférieur à l’offensive pure et simple.—Quant à la défensive de parti pris, sans la ferme résolution de passer à l’offensive en cours d’action, elle a grande chance d’insuccès, et, dans les cas les plus favorables, ne mène à rien.
Bien des facteurs, du reste, entrent en ligne de compte pour décider de l’attitude à prendre, alors même qu’elle n’est pas imposée, entre autres par les effectifs dont on dispose, l’état moral des troupes, les conditions de réapprovisionnement; d’une façon générale, le mauvais temps favorise la défensive et est préjudiciable à l’offensive: un terrain facile et découvert également, c’est l’inverse si le terrain est coupé et couvert, sous réserve cependant qu’il ne soit pas tellement difficile qu’on ne puisse s’y mouvoir et que la défense n’ait eu le temps d’atténuer les inconvénients qu’il présente pour elle, par des travaux appropriés.
Enfin, il est à observer qu’aujourd’hui, avec la puissance et la vitesse du feu de l’infanterie, il est presque impossible de donner, en ayant chance de succès, l’assaut à une ligne ennemie qui déjà n’a pas été notablement désorganisée par celui auquel elle-même a été en but, pendant un temps plus ou moins long, en vue de la préparation de l’attaque.
25, Perses.—A la bataille de Cunaxa (401), entre Artaxerxès II dit Memnon, roi des Perses, et Cyrus le Jeune, son frère, qui voulait le détrôner et qui y périt, tué de sa propre main, tandis que les Grecs, qu’il avait pour auxiliaires, remportaient pour lui la victoire, que sa mort rendit stérile, les obligeant, pour rentrer, dans leur pays, à cette retraite célèbre connue sous le nom de retraite des Dix mille. V. N. I, 396: [Païs].
31, Trait.—Xénophon, Anabase, I, 8.
33, Sus.—Plutarque, Préceptes du mariage, 34.—Ce principe est encore vrai, mais son application délicate; et seul peut espérer réussir qui sait apprécier sainement le pour et le contre au moment même de l’exécution.