31, Inuentions.—Au temps de Montaigne, les armes à feu commençaient à faire leur apparition. L’arquebuse n’excédait guère en portée l’arbalète, une centaine de mètres, sa justesse était moindre, elle lui était encore plus inférieure sous le rapport de la rapidité du tir; le canon avait un effet notablement supérieur aux balistes et ses boulets de pierre portaient à plusieurs centaines de mètres, un kilomètre, tandis que les quartiers de roche que lançaient celles-ci allaient à peine à cent ou cent cinquante mètres.—Aujourd’hui le fusil, sous un angle de 32°, porte à 3.600m; avec la hausse de 400m, il atteint de 0m à 400m tout homme debout ou à genou; l’écart à cette distance n’est que de 0m,12 (à 800m, de 0m,30); sa balle, à cette même distance de 400m, pénètre de 0m,60 dans de la terre, traverse une lambourde de sapin de même épaisseur et une plaque de fer de 0m,005; la vitesse du tir peut atteindre 12 coups par minute... Le canon de campagne, du calibre de 0m,075, a sous un angle de 17 une portée de 6 kilomètres; son écart à 2 k. est de 10m; à la même distance son obus à mitraille traverse sans se rompre un mur de maçonnerie de 0m,50 d’épaisseur; indépendamment de ses fragments d’enveloppe, il projette en éclatant 180 balles qui, à 200m du point d’éclatement, sont encore meurtrières; sa vitesse de tir peut atteindre seize coups par minute. Les pièces de la marine, pour ne prendre que le canon de 0,305, et il en est de calibre supérieur, ont une portée qui atteint 12 kilomètres; le Variag, lors de la guerre russo-japonaise, a été coulé à la distance de 6 kilomètres; leurs projectiles percent des cuirasses d’acier de 0m,28 d’épaisseur et ils peuvent tirer jusqu’à trois coups en cinq minutes.—Quant aux effets de destruction des engins dont usèrent les anciens, si ingénieusement conçus et si puissants qu’ils aient été, peuvent-ils être comparés pour leurs effets aux énormes projectiles incendiaires de nos jours, qui, chargés de cent à cent cinquante kilos de mélinite (la mélinite est six à huit fois plus brisante que la poudre), qui écrasent les voûtes de maçonnerie de plusieurs mètres d’épaisseur les plus solidement construites, formant en éclatant des entonnoirs qui ont jusqu’à cinq ou six mètres de profondeur et dix ou douze de diamètre; ou à ces torpilles dont une seule suffit pour anéantir en quelques minutes ces colosses que sont les cuirassés d’escadre dont quelques-uns jaugent jusqu’à 18.000 tonneaux, portent un millier d’hommes et coûtent trente millions et au delà!

32, Sur sa mule.—Var. des éd. ant.: à cheual.

33, Paris.—Et ailleurs, aj. les éd. ant.

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1, Gascons.—Monstrelet, I, 66; il y joint les Lombards.

4, Mots.—Add. des éd. ant.: Ie ne sçay quel maniement ce pouuoit estre, si ce n’est celuy de noz passades (les carrousels de nos jours).

4, Suede.—César, De Bello Gall., IV, 1.—Il s’agit des Suèves, peuple de Germanie, devenus plus tard les Souabes. Les Bretons, dit César quelques lignes plus bas, avaient un usage semblable.

11, Autresfois.—Dans son voyage en Italie, en 1581, à Rome, du fait d’un Italien qui avait été longtemps esclave en Turquie.

19, Alphonce.—Alphonse XI, roi de Léon et de Castille.

22, D’argent.—Le marc de Castille était de 230 gr., d’une valeur par suite de 46 fr. de notre monnaie, abstraction faite de la plus-value de l’argent à cette époque.