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6, Marc Aurele.—Cette histoire de Marc-Aurèle ou l’Horloge des Princes, parue en 1629 à Valladolid (Espagne), est présentée par les critiques de l’époque comme un tissu d’inventions indignes d’un écrivain qui se respecte et a fortiori d’un évêque (Guerara, qui en était l’auteur, était évêque de Cadix); cet ouvrage, nonobstant très estimé en Espagne par ses contemporains, a été traduit en français deux ans après sa publication et en plusieurs autres langues.

15, Barre.—Jeter la barre; cet exercice a été remis en pratique depuis qu’en ces derniers temps la gymnastique de chambre est en faveur; c’est ce qui s’exécute soit avec des haltères, soit des boules accouplées par une barre.

16, Plombees.—Madame de Genlis faisait porter de semblables souliers à ses élèves Louis-Philippe d’Orléans, devenu roi de France, et sa sœur Madame Adélaïde.

16, Prim-saut.—De son agilité; littéralement du premier saut.—Prin ou prim est un vieux mot qui signifie premier; il nous reste dans «printemps», primum tempus. De primsault est venu «primsaultier», dont Montaigne se sert ailleurs en parlant de lui-même et qui, encore en usage, signifie un homme de prompte décision, prenant parti d’après sa première impression (V. N. II, 64: [Primsautier]).

17, Miracles.—Au nombre de ces petits miracles, on peut ranger la naissance de son dernier fils Mathecoulom, né le 20 août 1560, alors que lui-même était du 29 septembre 1495; ce Benjamin avait donc été engendré à plus de 64 ans.

18, Alaigresses.—De notre agilité, ou plutôt de notre peu d’agilité; vient du latin alacritas, qui a même sens qu’agilitas.

21, Propos.—De la chasteté.

22, Nommée.—Qui méritât d’être mal famée, qui eût mauvaise réputation.

30, Italie.—Le père de Montaigne, Pierre Eyquem, écuyer, seigneur de Montaigne, était né à Montaigne en 1495 et y mourut en 1568. Il demeura plusieurs années aux armées, fit la guerre en Italie sous Charles VII, fut maire de Bordeaux de 1554 à 1556; occupa un siège de conseiller à la cour des aides de Périgueux en 1554, quand cette cour fut créée, et le transmit l’année suivante à son fils; en cette même année 1554, il reconstruisait l’habitation de son domaine qu’il fortifia, la mettant en état de se défendre, ce qui n’était pas superflu, à cette époque où pour sa sûreté il fallait compter plus sur soi-même que sur les pouvoirs publics. Pierre Eyquem avait épousé en 1528 Antoinette de Louppes qui mourut en 1597; il en eut huit enfants, cinq fils dont Michel Montaigne était l’aîné et trois filles; elle était protestante, lui-même était catholique; deux de leurs enfants (un fils et une fille) furent protestants.