11, Soissons.—En 1250, quand, après la bataille de Mansourah, l’armée se retirait sur Damiette, retraite dans laquelle saint Louis fut fait prisonnier.
16, Terres.—L’Amérique. Cela se voit aussi dans l’ancien continent: au Japon, aux Indes; dans cette dernière contrée, au royaume d’Aracan, on promène chaque année l’idole Guiay-Pora dans un grand char sous les roues duquel les plus dévots du pays se font écraser.
25, La iustice... volontaires.—Ce doubte (var. des éd. ant.).
31, Soy.—Valère Maxime, II, 6, 7.—Ce désir de mort volontaire y était admis pour cause soit d’adversité, soit de prospérité: l’une si elle était de durée prolongée, l’autre de peur qu’elle ne vînt à cesser; le fait relaté dans l’alinéa suivant rentre dans ce dernier cas.
31, Ailleurs.—Suivant Amundsen, explorateur moderne (1900), le suicide est permis chez les Esquimaux.
35, Compagnie.—Valère Maxime, II, 6, 8.—Le fait se passait en 51.
652,
19, Mercure.—Dieu de l’éloquence, du commerce et des voleurs; avait aussi la mission de conduire les âmes aux Enfers, où toutes, indistinctement, allaient après la mort: les unes aux Champs Élysées, séjour des bons; les autres au Tartare, réservé aux méchants.
25, Hyperborée.—Nation que Pline, Hist. nat., IV, 12, place au delà de l’Océan glacial arctique qu’il nomme Aquilon glacial, où, dit-il, les jours sont de six mois, les nuits de même durée; nation heureuse, ajoute-t-il, où la discorde est ignorée ainsi que toute maladie, où on ne meurt que par satiété de la vie.
31, Incitations.—Cicéron, Tusc., II, 27.—Cette opinion est conforme à la doctrine des Stoïciens, qui qualifiait de lâches ceux qui s’attachaient quand même à la vie, lorsque les infirmités les accablaient ou qu’ils étaient l’objet d’infortunes flétrissantes.—En somme, indépendamment des avis particuliers, dans un sens ou dans un autre, déjà cités (V. N. I, 630: [Mesme]; N. I, 632: [Contraste]), d’une façon générale: La loi de Moyse réprouve le suicide; les suicidés chez les Hébreux étaient privés de sépulture ou tout au moins enterrés de nuit, la Bible mentionne du reste fort peu de suicides. Les anciens livres sacrés des Hindous, les Védas, le condamnent, mais la religion de Brahma l’encourageant à titre de sacrifice religieux, le nombre de ceux qui, dans les Indes, s’immolent ainsi par fanatisme est inouï. En Chine, le suicide est fréquent; au Japon, on s’en fait souvent un point d’honneur. Zoroastre le condamne; de même Mahomet, et les suicides sont très rares chez les Musulmans. Dans l’antiquité grecque où Socrate en est un adversaire déclaré, il se produit fréquemment; et quoique condamné en principe par les lois, comme le Sénat à Marseille, l’Aréopage à Athènes l’autorisait quand il en approuvait les motifs. Nous connaissons l’opinion des Stoïciens; les Sceptiques, eux, se désintéressaient de la question. A Carthage, les fluctuations de la politique firent qu’il était de pratique courante. A Rome, rare au début, il l’est beaucoup moins vers la fin de la République, et, sous l’empire, nombreux sont ceux qui ont recours au suicide pour échapper à la tyrannie du prince; mais sous tous régimes il est réprimé avec une extrême rigueur chez le soldat dont toute tentative avortée entraîne la peine capitale. Il est fort en honneur chez les peuples primitifs de la Gaule, les vieillards y avaient souvent recours. Parmi les chrétiens, saint Augustin est le premier qui se prononce contre, sans restriction aucune; les conciles qui suivent le frappent d’excommunication; sous saint Louis, les suicidés sont jugés et les mesures prises contre leurs restes sont empreintes d’une extrême sévérité et leurs biens sont confisqués. Le protestantisme le réprouve également; J.-J. Rousseau et Voltaire se déclarent plutôt pour que contre; la Révolution abroge les peines qui le frappent.—Depuis, en France, comme partout ailleurs du reste, il tend à augmenter d’année en année particulièrement dans les grandes villes, motivé surtout par des maladies cérébrales, les souffrances physiques, et l’inconduite; puis encore par la misère, les revers de fortune, les chagrins domestiques, des amours contrariés, le désir d’éviter des poursuites judiciaires, l’ivrognerie, et chez quelques-uns le dégoût du service militaire. De 1.700 par an qu’était, en moyenne, en France, en 1827 le nombre des suicides, il s’est élevé, par une gradation ininterrompue, à 7.267 en 1865; sur ce nombre qui comprend des enfants de seize ans et au-dessous, les gens mariés entrent pour moitié, les femmes pour un quart. Cette progression est due à la même cause qui fait que la criminalité va croissant; chacun veut, chaque jour davantage, l’existence meilleure et plus facile et en supporte d’autant moins les déboires inévitables, ce qui est plutôt veulerie; on ne saurait douter non plus que n’y contribue chez beaucoup l’affaiblissement de la foi qui seule, qu’elle repose sur la vérité ou l’erreur, ce qui importe peu, donne, quoi qu’on en dise, aux croyants (heureuses gens!), patience et consolation en cette vie.—Pour conclure, on peut dire du suicide, comme de tant d’autres choses de ce monde, que le jugement à en porter est essentiellement variable suivant chaque cas particulier; s’il est en général à condamner, il est parfois excusable et dans quelques circonstances être le fait d’un grand caractère et d’un non moins grand courage, ne prêtant en rien à la critique la plus sévère.