20, Profitable.—On s’étonne de cette préférence pour cette partie de l’œuvre de Plutarque qui, malgré son mérite, ne saurait être comparée à ses «Vies des hommes illustres»; du reste au ch. XXXII de ce même livre (N. II, [630]), Montaigne revient sur son jugement et dit que ses «Parallèles», qui sont partie intégrante des «Vies», constituent «la piece plus admirable de ses œuures».

22, Autres.—Add. de 88: I’ayme en general les liures qui vsent des sciences, non ceux qui les dressent. (Cette phrase est reportée un peu plus loin avec variante dans la présente édition, pag. 74, 5).

25, Romains.—Sénèque fut précepteur de Néron. Plutarque l’aurait été de Trajan suivant les uns, d’Adrien suivant d’autres. A l’égard de Trajan, on s’appuie sur une lettre dont l’authenticité est contestée; ce qui porterait en outre à penser que cela n’a pas été, c’est qu’ils étaient à peu près du même âge; mais Plutarque a fait des leçons publiques de philosophie à Rome, et il se peut très bien que Trajan ait été du nombre de ses auditeurs.—Sénèque était né à Cordoue (Espagne); Plutarque, à Chéronée, en Grèce.—Le poète anglais Dryden (1631 à 1701) a écrit un parallèle de Plutarque et de Sénèque.

72,

2, Cicero.—V. N. II, [628]. Ce fut le plus éloquent des orateurs romains; sans rival surtout dans l’éloquence judiciaire, par la richesse de son imagination, la souplesse de son génie plein d’abondance, de grâce et de séduction, et par l’habileté de sa dialectique; comme écrivain, s’est, sans grand succès, adonné dans sa jeunesse à la poésie, mais est sans contredit le premier des prosateurs latins, et nul n’a jamais dépassé la pureté, la richesse, l’harmonieuse élégance de son style. Il ne nous est parvenu qu’une partie de ses ouvrages, que l’on divise en quatre groupes: 1o les Harangues, parmi lesquelles on admire surtout les Catilinaires et les Philippiques; 2o les Livres de Rhétorique, dont le plus beau est l’Orateur; 3o les Traités philosophiques, dont les plus estimés sont De la Nature des dieux et les Tusculanes; 4o les Lettres, parmi lesquelles nombre d’épîtres familières; elles constituent un monument incomparable et un modèle du genre épistolaire; on y distingue surtout celles à Atticus, à Quintus, à Brutus; elles fournissent les matériaux les plus précieux pour l’histoire du temps (V. N. I, 430: [Amis]).

4, De la philosophie... morale.—Var. des éd. ant.: des meurs et regles de nostre vie.

4, Morale.—Avant Cicéron, les Romains, si on en excepte Lucrèce, s’étaient peu adonnés à la philosophie, et n’y avaient que médiocrement réussi.

6, Impudence.—Allusion à la lettre de Cicéron par laquelle il prie Lucceius d’écrire l’histoire de son consulat de manière à lui mériter les éloges de la postérité (V. I, 430 et N. [Registres]).

7, Prefaces.—Les éd. ant. aj.: digressions.

10, Apprets.—Montaigne parle du style de Cicéron en des termes qui ne permettent pas de douter qu’il en fait beaucoup moins de cas que de Sénèque; le cardinal Duperron (1556 à 1618) ne pensait pas de même: «Il y a plus, disait-il, en deux pages de Cicéron, qu’en dix pages de Sénèque.»