20, Bale.—C.-à-d. la lecture des historiens est mon passe-temps le plus agréable, celui où je me complais davantage; métaphore tirée du jeu de paume, où, quand la balle vous arrive de côté droit, elle est plus facile à renvoyer.—Les éditions antérieures présentent cette variante: Les historiens sont le vray gibier de mon estude, car ils sont plaisans et aysez: et quant et quant la consideration des natures et conditions de diuers hommes, les coustumes des nations differentes, c’est le vray suiect de la science morale, au lieu de: «Les historiens... menacent».

28, Plutarque.—Add. des éd. ant.: Ie recherche bien curieusement non seulement les opinions et les raisons diuerses des philosophes anciens sur le suiect de mon entreprinse, et de toutes les sectes, mais aussi leurs meurs, leurs fortunes et leur vie.

29, Laërtius.—Diogène Laërce, historien grec, auteur d’une biographie des principaux philosophes; toute critique en est absente et les anecdotes y tiennent plus de place que les vues scientifiques, l’ouvrage n’en est pas moins précieux par les nombreux renseignements qu’il contient.

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2, Salluste.—A écrit l’histoire de Rome depuis la mort de Sylla jusqu’à la conspiration de Catilina, il n’en reste que des fragments; nous avons encore de lui la guerre de Catilina et celle de Jugurtha. Il se distingue par la précision de son style, sa perspicacité, sa science pratique; mais il a tendance à la partialité et présente des lacunes et de fréquentes digressions.

7, Dit Cicero.—Cicéron, Brutus, 4.—Voici le jugement qu’il en porte, et il est d’autant plus flatteur qu’il était compétent et n’aimait pas César: «Parmi les orateurs, il n’en est point à qui César doive céder; il y a dans sa manière de l’élégance et de l’éclat, de la magnificence et de la grandeur; qui pourrait l’emporter sur lui pour l’abondance et la vigueur de ses pensées?» Comme historien: «Ses Commentaires sont un livre excellent; le style en est simple, pur, élégant, dépouillé de toute pompe de langage; c’est une beauté sans parure; en ne chargeant pas d’ornements frivoles ces grâces naturelles, il a ôté aux gens de goût, jusqu’à l’envie de traiter le même sujet.»

8, Ennemis.—Add. des éd. ant.: mesmes et tant de verité.

20, Froissard.—Chroniqueur français. Sa chronique de France, d’Angleterre et d’Écosse, de 1326 à 1400, est une suite de récits sans ordre, qui offrent beaucoup d’incorrections, mais où l’on trouve une grâce et une naïveté qui charment; ses descriptions sont d’un naturel saisissant.—Le jugement qu’en porte Montaigne réduit par trop son mérite: le siège de Calais, la bataille de Poitiers par exemple, ne se composent pas seulement de renseignements recueillis çà et là et rassemblés sans ordre, ni triage; c’est de l’histoire.

36, Biais.—«Les faits changent de forme dans la tête de l’historien; ils se moulent sur ses intérêts; ils prennent la teinte de ses préjugés.» J.-J. Rousseau, Émile, IV.

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