220,

12, Valentian.—L’empereur Valens.

14, Mahumet.—Mahomet, fondateur de l’Islamisme qu’il commença à prêcher à la Mecque vers quarante ans; l’opposition qu’il rencontra au début l’obligea à s’enfuir à Yatreb (622) où il fut accueilli avec transports et dont le nom, dans la suite, a été changé en celui de Médine (ville du prophète), en souvenir de cette fuite ou hégire, d’où date l’ère des Musulmans (Musulman et Islamisme ont même étymologie et viennent de l’arabe سلم selam qui signifie abandon complet en Dieu de sa personne et de ses biens, résignation). A partir de ce moment, Mahomet poursuivit avec succès son œuvre les armes à la main; et, à sa mort, survenue en 632 à Médine où est sa tombe, dans la majeure partie de l’Arabie, y compris la Mecque, la religion nouvelle avait remplacé le culte des idoles. Ses successeurs ou khalifes (lieutenants), continuant ses conquêtes et son prosélytisme, ont été en progrès constant jusqu’au XIVe siècle; leurs croyances dominent encore aujourd’hui sur une grande partie du globe: l’Asie occidentale, l’Afrique septentrionale, la Turquie. Les dogmes et les préceptes de la religion de Mahomet sont consignés dans le Coran (le livre, livre par excellence), qui embrasse à la fois la religion, la législation pénale et civile, ainsi que l’administration. Ses principaux dogmes sont: l’unité de Dieu, l’immortalité de l’âme, un paradis avec des jouissances toutes sensuelles; le fatalisme, n’excluant pas pourtant la responsabilité de nos actes; les préceptes sont: la circoncision, la prière, l’aumône, les ablutions, le jeûne, l’abstinence du vin et de toutes les liqueurs fermentées; la polygamie est autorisée, le Coran autorise quatre femmes légitimes.—Mahomet n’a nullement interdit ni les sciences, ni les lettres à ses adeptes; mais dans le principe, ses lieutenants se conduisirent à la vérité comme si elles étaient proscrites. Un revirement se fit plus tard et pendant un temps les arts et les sciences ont compté des savants émérites parmi ses sectateurs, mais il faut convenir qu’actuellement il ne semble plus guère en être question dans le monde musulman.

16, Lycurgus.—Sa législation, qui fit de Sparte une république militaire plus qu’une monarchie, et à laquelle elle dut la prépondérance sur toute la Grèce, tant qu’elle l’observa fidèlement, avait principalement pour but d’établir l’égalité entre tous les citoyens et de former un état guerrier sans esprit de conquêtes. Ses dispositions essentielles étaient: le partage des terres en portions égales, avec interdiction d’accroître, de diminuer et d’aliéner tout ou partie du lot échu à chaque famille; la substitution d’une monnaie de fer à la monnaie d’or et d’argent; les repas pris en commun; une éducation austère, toute martiale, et exclusivement dirigée en vue de développer la moralité, la force et l’adresse, donnée en public; les arts, les sciences, et tous les métiers en général abandonnés aux esclaves; comme gouvernement: deux rois, ayant l’initiative des lois, présidant à tous les actes de la vie publique, commandant les armées, mais dont l’autorité était limitée par les Ephores; un sénat de 28 membres décidant de la paix ou de la guerre et des alliances; l’assemblée du peuple élisant les magistrats, votant les contributions, ratifiant les lois.—D’après la tradition, Lycurgue, après avoir fait jurer aux Spartiates l’observation de ses lois jusqu’à ce qu’il revînt, se serait expatrié sans esprit de retour.

37, Vices.—Ce passage est une reproduction d’une idée de Varron, qu’on trouve consignée dans Nonius Marcellus.

222,

11, Droicturiere.—C’est là, bien qu’il ne les nomme pas, une sortie de Montaigne contre Luther et Calvin.

13, Δεισιδαιμονία.—Desdémone (superstition); c’est le nom de l’héroïne de la tragédie d’Othello, de Shakespeare.

14, Πείτεται.—Mot attribué à Socrate et que Montaigne a traduit avant de le citer.

15, Empesches.—Pascal s’est inspiré de cette pensée: «Il y a, dit-il, assez de lumière pour ceux qui ne désirent que voir, et assez d’obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire; assez de clarté pour éclairer les uns et assez d’obscurité pour les porter à s’humilier; assez d’obscurité pour aveugler les autres et assez de clarté pour les condamner et les rendre inexcusables,... c’est pourquoi il est juste et utile que Dieu nous soit en partie caché et en partie découvert.»—«La vanité et l’orgueil coûtent plus que la faim et la soif.» Jefferson.