13, Art.—C.-à-d. on doit s’attendre à fort peu d’encouragements et d’éloges à propos des ouvrages philosophiques et des simples productions de l’entendement que nous pouvons écrire parce que les savants qui les ont dans leur domaine, ne font cas que de l’érudition et de l’art et n’attachent de prix qu’à la science.
22, Sens.—Du jugement.
26, Siennes.—«D’où vient qu’un boiteux ne nous irrite pas et qu’un esprit boiteux nous irrite? C’est qu’un boiteux reconnaît que nous marchons droit et qu’un esprit boiteux dit que c’est nous qui boitons.» Pascal.
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24, Nul.—J’ai soixante-dix ans, j’ai vu et approché beaucoup de monde et je puis en dire autant. Bien rares sont les hommes qui, vus de près, s’élèvent notablement au-dessus de la moyenne des gens que nous tenons comme bien doués; plus rares encore sont ceux qui présentent un ensemble de qualités essentielles dont rien ne trouble l’harmonie. Parmi ces exceptions je n’en ai guère connu que trois: le général Desvaux, le commandant du Vallon, le général Niox.
Le général Desvaux (1810 à 1885), dont j’ai été l’officier d’ordonnance, devenu sous-gouverneur de l’Algérie et commandant de la cavalerie de la Garde impériale en 1870, à Metz, où il fut l’un des rares membres, le seul, dit-on, du Conseil de guerre, convoqué à la dernière heure, qui se soit prononcé contre la capitulation, était un homme chez lequel le jugement, l’instruction, la capacité, le caractère et les qualités du cœur allaient de pair; c’était un excellent administrateur et un chef militaire de premier ordre. A diverses reprises, après nos désastres, le Ministère de la guerre lui fut offert; il s’y refusa, les nécessités de la politique intérieure du moment rendant impossible l’obtention des mesures que son intégrité et son esprit de discipline lui faisaient considérer comme indispensables et sur lesquelles sa conscience ne lui permettait pas de transiger.
Le commandant du Vallon (1837 à 1866), tué au Mexique, étant à 29 ans déjà chef d’escadron et officier de la Légion d’honneur, et qui par sa grande intelligence, son esprit résolu, son ampleur de vue, sa facilité d’élocution, sa carrière si brillamment commencée, était appelé, si la mort ne l’eût arrêté, à de hautes destinées, étant donnés les événements qui ont suivi et dont seul Gambetta a émergé, tant étaient grandes les médiocrités, pourtant si nombreuses, en situation de devenir quelqu’un, qui s’y sont trouvées mêlées.
Le général Niox (né en 1840), l’ami de toute ma vie, devenu commandant de la place de Paris, puis des Invalides et Directeur du Musée de l’armée, qui lui doit son organisation. Remarquable entre tous par son intelligence supérieure, un jugement jamais en défaut, une honnêteté de sentiments à toute épreuve et une grande indulgence naturelle affermie par ses idées philosophiques, il est bien regrettable, au point de vue de l’intérêt commun, qu’une faiblesse de l’ouïe l’ait empêché, comme toutes ses qualités et connaissances l’y appelaient, d’arriver à la direction de notre état militaire qui n’eût jamais été en meilleures mains.
34, Liures.—Les éd. ant. aj.: et de la science.—Cette classe de gens qui, de nos jours, a nom «intellectuels», n’a pas varié dans leurs vaniteuses prétentions qui les poussent parfois hors des bornes de la raison; ils ont de la science, de l’esprit à foison, mais pas toujours du bon sens, appelé si à tort du sens commun.
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