26, Celeste.—Ne dirait-on pas ceci écrit de nos jours quand on voit combien le peuple, sans distinction aucune, pas plus sous le rapport de l’intelligence que sous celui des moyens d’existence, et les plus fortunés, à cet égard, plus encore peut-être que ceux qui le sont moins, se désintéressent absolument des actes de leurs mandataires.—C’est ainsi qu’on en est arrivé à voir ces atteintes légales ou illégales journellement portées à la liberté religieuse, à la liberté politique, à la liberté du travail, à la liberté individuelle, à toutes les libertés, et souffrir toutes licences de quiconque a une attache gouvernementale officielle ou officieuse; à être témoin d’un gaspillage des deniers publics tel que ni l’accroissement effrayant de notre dette, ni l’augmentation continue des impôts n’y peuvent suffire; à assister à la délation érigée en système de gouvernement, à l’antimilitarisme progressant sans cesse dans notre armée de terre et de mer dont les chefs sont constamment tenus en suspicion et jamais soutenus; à l’impossibilité d’obtenir justice pour qui n’adhère pas hautement et ne donne de gages aux idées sectaires qui nous dominent; c’est à cela encore que nous devons notre politique étrangère si hésitante et si timorée, ces tendances à accroître les monopoles de l’État si contraires à toutes les lois économiques et que nous devrons l’impôt sur le revenu qui nous assujettira tous au bon plaisir des répartiteurs.—Il faudrait cependant réagir, et pour cela d’abord ne pas s’abandonner comme nous le faisons tous, les partis extrêmes exceptés. Lors des élections, des comités se forment qui provoquent des réunions électorales, donnant à ce moment un coup de collier; mais une fois les élections terminées, plus rien, c’est fini, les comités se dissolvent ou sommeillent, on laisse aller les choses à vau-l’eau; sauf, comme nous venons de le dire, chez les partis avancés, qui, eux, ne perdent pas de vue leur élu, lui envoient des injonctions, l’obligent de temps à autre à venir s’expliquer, rendre compte de son vote. C’est là ce que tous doivent faire; les comités demeurer constitués en permanence, pour secouer l’apathie des électeurs, les convoquer chaque fois que des questions importantes sont à l’ordre du jour, recueillir leur manière de voir, la porter à la connaissance de leur mandataire, de telle sorte qu’il n’en ignore et y puise une force qui lui permette de réagir contre les influences étrangères qui trop souvent déterminent son vote; et, lors des réélections, rejeter impitoyablement tous ceux qui auraient forfait par faiblesse ou autrement aux idées sous l’empire desquelles ils avaient été élus.

Mais surtout il ne faudrait pas aux élections, entre les divers groupes de conservateurs (monarchistes et républicains), de ces divisions intransigeantes qui sont la chance la plus sûre de leurs adversaires communs, lors même que ceux-ci, ce qui est le cas le plus fréquent, ont l’infériorité numérique. Il devrait être de règle absolue qu’au premier tour de scrutin, si l’accord n’a pu se faire, que chacun vote suivant ses préférences; mais qu’au second tour, n’en tenant plus aucun compte, tous, sans exception aucune, votent pour le candidat conservateur qui aurait obtenu le plus de voix au premier tour, tous les autres se désistant en sa faveur; hors de là, pas de salut!

Voilà pour l’avenir; en ce qui touche le présent, alors qu’on voit ceux qui détiennent le pouvoir, manquer au premier de leurs devoirs qui est de s’appliquer à faire régner l’ordre et la paix dans le pays, y semer l’inquiétude, fomenter l’agitation et, se faisant les complices des fauteurs de troubles, le mener à sa ruine, comment s’étonner de voir certains caractères énergiques qui, estimant que les grands maux appellent les grands remèdes, cherchent à stimuler le clan si craintif et si veule des conservateurs de toutes nuances et préconisent le recours à la violence, comme en Russie, mais dans un but diamétralement opposé, contre les criminels qui entretiennent pareil état de choses, provoquant contre eux des actes individuels dont il est malaisé de se défendre parce qu’ils ne peuvent se prévoir et que celui qui a fait le sacrifice de sa vie est maître de celle d’autrui, à l’exclusion de tout acte collectif qui, dirigé contre quiconque dispose de la force et de la légalité, serait en ce temps de télégraphe, de téléphone, d’armes à tir rapide, inévitablement écrasé dès qu’il serait démasqué.

32, Contradiction.—C.-à-d., si on s’aperçoit qu’on manque de jugement, cela seul est au contraire une preuve qu’on en a.

40, Disposition.—De bonne santé, c’est le sens qu’a encore aujourd’hui l’adjectif dispos.

40, Beauté.—Les éd. ant. ajoutent: et de la noblesse; addition qui avec juste raison a disparu, car la différence est grande entre le titre et la chose, elle existe chez beaucoup qui ne sont point qualifiés pour la posséder et inversement, et dans bien des cas le monde est loin de ratifier le jugement qu’à cet égard chacun porte sur soi.

510,

2, Touchons.—Nous sentons, nous apercevons bien facilement si elles surpassent les nôtres.

6, Peine.—Et encore avec beaucoup de peine.

10, Nom.—Les éd. ant. ajoutent: Le plus sot homme du monde pense auoir autant d’entendement que le plus habile.