23, Visage.—Ce fait, rapporté par Valère Maxime, IV, 5, remonte à une époque où l’Étrurie (nom ancien de la Toscane) ne jouissait pas encore du droit de bourgeoisie romaine et par conséquent est antérieur au Ier siècle av. J.-C.

646,

10, Scipion.—Allusion à l’acte de Scipion, premier Africain, auquel, après la prise de Carthagène (Espagne), une femme d’une grande beauté, faite prisonnière, fut amenée. Respectant son honneur, Scipion fit rechercher un jeune prince celtibérien dont elle était la fiancée et la lui remit; lui-même n’avait alors que vingt-cinq ans.

CHAPITRE XXXIV.

15, Recommandation.—On ne saurait dire que les Essais aient été la lecture favorite de Napoléon: toutefois dans le volume 23 de sa correspondance, pag. 399, on le voit faire écrire à son secrétaire, le 7 mai 1812, au moment de partir pour la campagne de Russie: «Un Montaigne, petit format, serait peut-être bon à mettre dans la petite bibliothèque.»

16, Aphricain.—Scipion sauva la vie à son père blessé à la bataille du Tessin, il n’avait encore que 17 ans; préteur en Espagne en 211, il s’empara de Carthagène tombée au pouvoir des Carthaginois, battit Asdrubal et reconquit en quatre ans cette province. De retour en Italie, envoyé contre Annibal, il fit triompher l’idée de transporter la guerre aux portes de Carthage, et chargé de son exécution, gagna sur Annibal, rappelé par ses concitoyens alarmés, la bataille de Zama, qui mit fin à la deuxième guerre punique (202). En 190, comme lieutenant de son frère, il accompagna celui-ci en Asie, et l’aida à triompher d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, qu’ils contraignirent à la paix. A leur rentrée à Rome, injustement accusés par le parti populaire auquel sa hauteur et sa partialité pour les patriciens le rendaient odieux, il fut condamné à l’exil où il mourut, tandis que son frère, frappé d’une amende considérable qu’il ne put payer, était jeté en prison. Scipion réunissait au génie militaire, tous les genres de vertu: l’humanité, la tempérance, le désintéressement, etc.

16, Brutus.—Lors de la guerre civile entre César et Pompée, embrassa le parti de ce dernier et combattit à Pharsale; néanmoins César qui l’aimait et qui, pensait-on, était son père, l’attira à lui et le combla de caresses; mais l’éducation stoïcienne qu’il avait reçue de son oncle et son nom même l’armèrent contre lui, quand le dictateur aspira au pouvoir suprême, et il participa à sa mort (44). Après ce meurtre, poursuivi par Antoine, et vaincu dans les plaines de Philippes, désespérant alors du salut de la république, il se tua. V. N. I, 638: [L’occasion].

16, Polybius.—Combattit avec Philopœmen et, envoyé en otage à Rome où il demeura 17 ans, se lia avec Scipion Émilien qu’il accompagna au siège de Carthage; voyagea en Afrique, en Espagne, en Gaule, et écrivit divers ouvrages qui sont perdus et dont le plus considérable était une histoire en 40 livres de Rome et des autres états contemporains, ouvrage dont il ne reste que cinq livres entiers. L’exactitude, le jugement, l’impartialité, sont ses qualités maîtresses; il scrute les événements, les analyse, ce qui en fait l’historien des hommes d’état, des hommes de guerre et des penseurs.

17, Cinquiesme.—Charles-Quint, déjà roi d’Espagne en 1516, fut élu empereur d’Allemagne trois ans après, succédant à Maximilien son aïeul. Il avait comme compétiteur à l’empire François Ier, roi de France, avec lequel il fut en guerre pendant la majeure partie de son règne; il remporta sur lui la victoire de Pavie (1525); échoua dans une expédition contre Marseille (1536), fut défait à Cérisoles (1544) et assiégea inutilement Metz (1552). Il fit avec des alternatives de succès et de revers plusieurs expéditions contre l’Afrique. Il fut l’adversaire de la Réforme, mais n’en fut pas moins obligé d’accorder la liberté du culte aux Protestants (1552). En 1556, affaibli par les maladies, aigri par les revers, il abdiqua et céda l’empire à son frère; déjà l’année précédente, il avait remis l’Espagne à son fils, et il se retira au monastère de S.-Just en Estramadure où il mourut; on dit qu’il regretta vivement le pouvoir dont il s’était démis; il était d’un caractère très dissimulé.

18, Ailleurs.—Semble désigner la reine Catherine de Médicis qui passait pour s’en inspirer et qui, en tout cas, y conformait ses actes et sa politique.