22, Militaire.—Montaigne possédait un exemplaire des Commentaires de César (V. N. II, 82: [Lisant]), sur lequel, suivant son habitude, il a consigné l’impression que la lecture de cet ouvrage lui laissait; on y lit: «C’est un livre qu’un Général d’armée devrait avoir continuellement sous les yeux, comme patron, ainsi que faisait le maréchal Strozzi qui le savait quasi par cœur et l’a traduit; et non je ne sais quel Philippe de Comines que Charles Cinq avait en pareille recommandation; de même que le grand Alexandre avait les œuvres d’Homère, etc...» Ce dédain que dans ces annotations marque Montaigne pour Philippe de Comines témoigne qu’elles ont dû être écrites avant les Essais, où l’auteur ne laisse pas de lui témoigner beaucoup plus de considération, notamment dans son chapitre «des livres» où il rapporte le jugement qu’il a porté après lecture sur les Mémoires de cet historien et aussi au chapitre VIII du livre III.

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1, Iuba.—Juba Ier; embrassa le parti de Pompée, accueillit après la bataille de Pharsale les restes de l’armée vaincue; joint à eux, il livra à César la bataille de Thapsus (46); vaincu, il se fit tuer par un de ses serviteurs.

9, Armée.—Suétone, César, 66.—Sur son exemplaire annoté des Commentaires de César, Montaigne a inscrit: «On craint souvent l’ennemi plus par réputation que par l’effet.»

16, Execution.—Suétone, César, 65.—«Une armée ne se doit enquérir des desseins de son général» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).—A cela, on serait tenté d’opposer ce mot de Napoléon: «A la guerre, chacun doit connaître sa manœuvre»; mais la contradiction n’est qu’apparente: Napoléon ne veut parler que du mouvement en exécution, dont la divulgation n’offre plus d’inconvénient dès que l’ordre d’exécution est donné, parce que le temps faisant défaut à l’ennemi, il ne peut prendre pour y parer de nouvelles dispositions et en est réduit à celles en lesquelles il se trouve.

20, Souisses.—César, De Bello Gallico, I, 7.—En 58; ils avaient quitté leur pays en masse, pour venir s’établir en Gaule; les uns furent exterminés, les autres refoulés sur la contrée d’où ils étaient partis.

31, D’accord.—Souvent, en effet, il lui est arrivé de n’accorder des trêves que pour les violer.

33, Desobeyssance.—«César estimait plus encore l’obéissance que la vaillance» (annotation de Montaigne sur son ex. des Commentaires de César).

38, Combat.—Suétone, César, 67.

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