—Hum! songea Pardaillan quand il fut seul. Voilà ce que je puis appeler une proposition inespérée. Etre de la suite du duc de Guise! Mais c'est la fortune, cela! Non, je n'accepterai pas!... Pourquoi?
Pardaillan se mit à arpenter sa chambre avec agitation.
—Eh! pardieu, j'y suis! Je n'accepterai point parce que monsieur mon père m'a recommandé de me défier!...
Content d'avoir trouvé ou feint de trouver cette explication, et de n'avoir pas à s'interroger davantage, le chevalier contempla avec admiration le diamant que lui avait laissé Saint-Mégrin.
—Cela vaut bien cent pistoles, murmura-t-il. Peut-être cent vingt? Qui sait si on ne m'en donnera pas cent cinquante?
Il en était à deux cents pistoles lorsque la porte s'ouvrit de nouveau, et Pardaillan vit entrer un homme enveloppé d'un long manteau, simplement vêtu comme un marchand. Cet homme salua profondément le chevalier stupéfait et dit:
—C'est bien devant monsieur le chevalier de Pardaillan que j'ai l'honneur de m'incliner?
—En effet monsieur. Que puis-je pour votre service?
—Je vais vous le dire, monsieur, dit l'inconnu, qui dévorait le jeune homme du regard. Mais avant tout, voudriez-vous me faire le plaisir de me dire quel jour vous êtes né? Quelle heure? Quel mois? Quelle année?
L'inconnu, malgré l'étrangeté de ses questions, n'avait pas l'air d'un fou.