—Demain! dit le seigneur de Piennes, je serai mort!...

—Demain, vous vivrez... et de longs jours encore, pour bénir vos enfants.

—Demain! râla le vieillard avec une immense amertume. Trop tard! c'est fini... Je meurs maudit... désespéré!

François regarda autour de lui et vit que les domestiques de la maison, réveillés, s'étaient rassemblés.

Alors une sublime pensée descendit en lui.

Il enlaça d'un bras la jeune fille éperdue, fit signe à deux serviteurs de saisir le fauteuil où agonisait le seigneur de Piennes, et sa voix solennelle s'éleva:

—A l'église! commanda-t-il. Mon père, il est minuit: votre chapelain peut dire sa première messe... ce sera celle de l'union des familles de Piennes et de Montmorency.

—Oh! je rêve!... je rêve!... répéta le vieillard.

Alors, le coeur désespéré du vieux capitaine se fondit.

Ses yeux se remplirent de larmes, et sa main livide se tendit vers le noble enfant de la race maudite!