La Bastille, c'était l'oubliette, c'était la tombe, c'était la mort lente au fond de quelque cachot sans air.

Pardaillan comprit qu'il était perdu.

Au moment où celle qu'il aimait l'appelait à son secours et où elle avouait ainsi qu'elle l'aimait!

Lorsque la voiture, ayant franchi des ponts-levis et des portes, s'arrêta enfin, lorsque Pardaillan fut descendu, il regarda autour de lui et se vit dans une cour sombre, entouré de soldats. Il fut saisi par deux ou trois geôliers herculéens qui le portèrent plutôt qu'ils ne le firent marcher. Il franchit une porte de fer, pénétra dans un long couloir humide dont les murs rongés de salpêtre laissaient suinter de mortelles émanations; puis on monta un escalier de pierre en pas de vis, puis on franchit deux grilles de fer, puis on longea un corridor et, enfin, Pardaillan fut poussé dans une pièce assez vaste située au troisième étage de la tour ouest.

Il entendit la porte se refermer à grand bruit.

Alors, comme on lui avait tranché ses liens, il jeta une longue clameur de désespoir et se rua sur la porte qu'il secoua frénétiquement...

Bientôt, il comprit que ses efforts étaient vains...

Et il tomba sur les dalles, évanoui.

Que se passait-il dans la maison de la rue Saint-Denis? Pourquoi Loïse, qui n'avait jamais parlé au chevalier de Pardaillan, l'appelait-elle à son secours? C'est ce que nous allons dire.

Le maréchal de Damville avait, comme on l'a vu, reconnu Jeanne de Piennes.