Loïse ne disait rien.

Elle aimait le fils de l'homme exécrable par qui sa mère avait été condamnée à une vie de malheur!

Et qui savait si ce fils n'accomplissait pas les mêmes besognes que le père?

Pourquoi le jeune chevalier n'était-il pas accouru à son secours?

Pourquoi, depuis si longtemps, les guettait-il?

Ah! il n'y avait plus à en douter! Ce chevalier de Pardaillan était l'émissaire de l'homme qui l'emprisonnait et qui emprisonnait sa mère!...

—Oh! mère, dit-elle dans un murmure d'angoisse, mon coeur est brisé...

—Pauvre chérie adorée... il le fallait, vois-tu, pour éviter de plus grands malheurs...

—Mon coeur est comme mort, reprit Loïse; mais ce n'est pas à moi que je songe...

—A quoi songes-tu donc, mon enfant? fit Jeanne en jetant un profond regard sur sa fille. A lui, sans doute! Ah! mon enfant, détourne ta pensée...