—Que faire? reprenait-elle. Fuir la reine Catherine?... Insensée! Pour la fuir, il n'est qu'un refuge: la tombe... et je ne veux pas mourir... Non! oh! non, je suis trop jeune pour mourir... Marche, misérable! Il faut que tu ailles jusqu'au bout de ton infamie... Allons, debout, espionne! La reine t'attend...
Machinalement, elle s'était levée et avait repris le chemin qu'elle venait de parcourir, s'orientant vers Paris au jugé, car elle connaissait à peine le pays.
Au bout d'une heure de marche, elle entrevit quelques maisons basses, et regarda avidement.
A dix pas d'elle, il lui parut qu'une de ces maisons basses devant lesquelles elle s'était arrêtée laissait filtrer un peu de lumière. Avec l'inconsciente résolution qui présidait à tous ses mouvements, elle se dirigea vers cette lumière et frappa à une porte. On ouvrit presque aussitôt.
—Une chambre pour cette nuit, dit-elle.
—Oui, fit l'aubergiste. Mais entrez vous chauffer. Vous grelottez, madame.
L'homme ouvrit une autre porte, elle donnait sur une sorte de salle d'auberge qu'éclairait la flambée de l'âtre.
Elle entra, et, instinctivement, se tourna vers cette lumière, vers cette chaleur. Et elle vit un cavalier qui lui tournait le dos, accoudé au coin d'une table.
Du premier coup, elle le reconnut. Car une flamme monta à ses joues pâles, et un cri lui échappa.
Le cavalier se retourna vivement: c'était Déodat.