—Oui, oui, c'est vrai... la reine est menacée.. tu ne dois pas partir...
—Je te retrouve, généreuse amie!... Mais ne crois pas au moins que mon devoir vis-à-vis de la reine me fasse oublier mon amour. Alice, puisque la reine de Navarre est partie, puisque tu ne peux songer à la rejoindre maintenant, tu viendras à Paris avec moi. Je sais une maison où tu seras accueillie comme une fille...
—Cette maison? interrogea-t-elle.
—C'est celle de notre illustre chef, de l'amiral Coligny.
A son tour, elle secoua la tête.
—Tu ne veux pas te réfugier chez l'amiral? Demanda le comte.
Elle ferma les yeux, comme accablée.
—Je suis fatiguée, murmura-t-elle, fatiguée au point que je n'ai plus ma tête à moi... si je pouvais dormir... là... près de ce feu... sous ton regard... il me semble que toute ma fatigue s'en irait.
Et comme si elle eût succombé au sommeil, elle renversa sa tête en arrière.
Le comte de Marillac, sur la pointe des pieds, alla demander à l'aubergiste un ou deux oreillers, une couverture.