XIX
LA BASTILLE
Le chevalier de Pardaillan, lorsqu'il avait entendu se refermer la porte, lorsqu'il avait compris que cette porte de son cachot était inébranlable, était tombé sur les dalles presque sans connaissance.
Quand il revint à lui, le premier emploi qu'il fit de son énergie fut de se réduire au calme le plus absolu, et de dompter la fureur qui bouillonnait en lui.
Alors, il examina la chambre où il était enfermé.
C'était une pièce assez vaste dont le plancher était composé de larges dalles. Seulement, dans tout un angle, les dalles s'étant brisées, on les avait remplacées par des carreaux.
Les murs et la voûte surbaissée étaient en pierres de taille noircies par le temps; mais elles n'étaient point trop humides, le cachot étant situé assez haut dans la tour.
Une étroite lucarne, placée assez haut, laissait entrer un peu—très peu—de lumière et d'air. Mais en montant sur un escabeau de bois, siège unique de cette prison, il était facile d'atteindre à cette fenêtre.
Une botte de paille, une cruche pleine d'eau sur laquelle était déposé un pain, achevaient l'ameublement de la chambre.
Dans le corridor, on entendait le pas lent et sonore d'une sentinelle.