—Comme vous voudrez! répondit-il.
Guitalens ouvrit la porte, rappela les gardes et, devant eux, se tourna vers le prisonnier.
—Monsieur, dit-il, votre secret vaut en effet la peine d'être transmis à Sa Majesté. Je ne doute pas de la reconnaissance du roi, et j'espère que, dans peu d'instants, je pourrai vous ouvrir moi-même les portes de cette Bastille.
Le geôlier de Pardaillan demeura stupéfait.
Le gouverneur, en toute hâte, fit atteler son carrosse et y monta en disant à voix haute qu'il se rendait au Louvre. Il s'y rendit en effet et y demeura juste le temps nécessaire pour que ses gens pussent croire qu'il avait parlé au roi.
Au bout, non pas d'une demi-heure, comme il l'avait dit, mais d'une heure, il était de retour et s'écriait devant quelques officiers:
—Ah! c'est bien un grand service que cet homme rend à Sa Majesté! Mais, messieurs, silence absolu sur tout ceci.
Guitalens, séance tenante, se rendit à la prison de Pardaillan:
—Monsieur, lui dit-il, je suis heureux de vous annoncer qu'en raison du service que vous lui rendez Sa Majesté vous fait grâce...
—J'en étais sûr!... fit Pardaillan en s'inclinant. Cinq minutes plus tard, le chevalier était dehors.