La lettre était là, sur la table.

Elle était ouverte... Mais certes, il ne la lirait pas!...

Et pourtant!... Quel mal ferait-il en la lisant! Et qui sait s'il n'y trouverait pas des indications précieuses sur les gens qui avaient arrêté Loïse et sa mère!

Sans aucun doute, la Dame en noir implorait la protection du maréchal de Montmorency.

—Qu'est-il besoin du maréchal? conclut-il. Si quelqu'un doit délivrer Loïse et sa mère, c'est moi! Je ne veux pas qu'un autre s'en mêle!... Allons, lisons!...

Le jeune homme déplia donc brusquement le parchemin et se mit à lire.

Quant il eut fini, le chevalier de Pardaillan était très pâle.

Un profond soupir gonfla sa poitrine.

Il reprit la lettre et la relut d'un bout à l'autre, revint sur deux ou trois passages essentiels, répéta à demi-voix des phrases entières, comme si le témoignage de ses yeux seuls eût été insuffisant pour le convaincre.

Et lorsque cette deuxième lecture fut terminée, cette fois la lettre s'échappa de ses mains... Le chevalier de Pardaillan laissa tomber sa tête sur sa poitrine et se mit à pleurer.