Il ne répondit pas et étreignit convulsivement les mains de l'hôtesse.
Nous ne savons vraiment pas trop comment cette scène se serait terminée, si la voix de maître Landry, qui appelait sa femme d'en bas, ne se fût fait entendre.
Huguette se sauva légèrement, à demi heureuse, à demi désolée.
—Pauvre Huguette! songea Pardaillan. Elle m'aime et pourtant elle cherchait à me consoler en me trompant. Mais c'est fini maintenant. Loïse ne m'aime pas, ne peut pas m'aimer. Eh bien, je ne l'aime plus! Je redeviens libre... libre de mon coeur, de ma pensée, de mes pas... Au diable Paris!... Demain, je me mets à la recherche de mon père!... Et quant à cette lettre... cette lettre... elle arrivera à son adresse comme elle pourra!...
En disant ces mots, Pardaillan saisit la lettre de Jeanne de Piennes, la recacheta vivement, la fourra dans son pourpoint d'un mouvement rageur et s'élança au-dehors, bien résolu à ne plus s'inquiéter de rien de ce qui concernait Loïse et sa mère, et tous les Montmorency de France.
Ce que fit Pardaillan dans cette journée, il est probable qu'il l'ignora toujours lui-même. On le vit dans deux ou trois cabarets où il était connu. Il ne prenait aucun soin de se cacher. Pourtant, sa position était effrayante.
Vers cinq heures, il se retrouva calme, de sang-froid, maître de lui. Il regarda autour de lui, et se vit non loin de la Seine, presque en face du Louvre, devant un somptueux hôtel.
—L'hôtel de Montmorency!... Je n'irai pas, certes!...
Presque en même temps, Pardaillan s'approchait de la grande porte, et furieusement heurtait le marteau!...