—Parle!... oh! tout ce que tu voudras!
—Simplement ceci: prouvez-moi qu'il est utile que cette lettre vous soit rendue... j'entends utile pour vous!
Un effroi soudain agrandit les yeux d'Alice. Elle balbutia:
—Mais ne vous ai-je pas dit... tout ce que je souffre!...
—Ce ne peut être là une raison valable.
—Je vous jure!...
—Allons! je vois qu'il va falloir que je vous arrache moi-même votre confession... Si vous voulez votre liberté, Alice, si vous souffrez dans votre corps que vous livrez et dans votre coeur noyé de honte, c'est qu'enfin vous aimez! Enfin!... Est-ce vrai?... Faut-il vous dire le nom de celui que vous aimez?... Il s'appelle le comte de Marillac!... Si cela est vrai, il faut évidemment que vous soyez libérée.
—Eh bien, oui! c'est vrai! haleta l'espionne en joignant les mains. J'aime! Pour la première fois de ma vie, j'aime avec tout mon coeur et toute mon âme!... Laisse-moi aimer! que t'importe ce que je puis devenir! Tu t'es vengé! J'ai souffert, j'ai expié... je disparaîtrai... ô mon Clément... rappelle-toi que tu m'as aimée... rappelle-toi que, dans mon indignité, mon coeur s'est ému pour toi... Sauve-moi...
Panigarola demeura quelques instants silencieux.
—Vous vous taisez? implora la jeune fille.