Et il en eut l'irrévocable conviction le jour où quelques hommes d'armes exténués, amaigris, en lambeaux, passèrent par Montmorency et s'arrêtèrent au manoir.

Ils racontèrent la prise de Thérouanne, la ville incendiée, rasée, le grand massacre de la garnison...

Quant au chef, quant à Montmorency, disparu!

On l'avait vu un moment derrière une barricade que plus de trois mille assaillants attaquaient...

Et tranquille désormais, Henri se remit à rôder autour de la maison, attendant patiemment que Jeanne fût enfin guérie.

Un jour—onze mois après le départ de son frère!—il aperçut enfin Jeanne dans le pauvre verger de la vieille nourrice. A la palpitation de son coeur, il comprit que l'amour était tout-puissant en lui.

Jeanne était en grand deuil. Elle tenait dans ses bras un enfant qu'elle serrait passionnément sur son sein.

Henri s'en retourna lentement, combinant un plan.

Enfin, Jeanne était guérie! Enfin, il allait pouvoir agir! C'était simple: enlever la jeune femme et l'emmener de force au manoir.

En arrivant dans la cour d'honneur, il vit un cavalier tout poudreux qui venait de mettre pied à terre.