A ces mots, Catherine souleva rapidement le dernier compartiment du coffret aux bijoux. Le fond apparut. Il était couvert de velours noir, comme les autres rangées.

—Regarde, dit Catherine de Médicis en se levant.

Alice jeta un regard d'indifférence sur le nouveau bijou que lui montrait la reine. Aussitôt, elle devint livide; elle fit deux pas rapides, les mains en avant, comme pour conjurer un spectre, et un cri rauque s'échappa de sa gorge:

—La lettre!... Ma lettre!...

Catherine de Médicis, au mouvement de l'espionne, saisit le papier et le glissa dans son sein.

—Ta lettre! gronda-t-elle. Tu la reconnais? C'est bien elle en effet. Sais-tu ce que l'on fait aux mères qui ont tué leur enfant et qui l'avouent cyniquement, comme tu l'avoues dans ta lettre?

—C'est faux! hurla l'espionne. C'est faux! L'enfant n'est pas mort!

—Mais l'aveu n'en existe pas moins, ricana Catherine. La mère criminelle, Alice, on la traduit devant la cour prévôtale qui la condamne à mort...

—Grâce! Pitié!... L'enfant vit!...

—Alors la mère coupable est livrée au bourreau...