Pardaillan raconta brièvement l'histoire de son amour, son arrestation au moment où Loïse l'appelait, son séjour à la Bastille, son départ, la lettre qu'il était chargé de remettre, enfin, tout ce que savent déjà nos lecteurs.

Il ne tut dans tout cela que le nom de Montmorency, se réservant de le dire au bon moment. Et ce moment serait celui où l'on commencerait les recherches.

—J'ai comme un vague soupçon, ajouta-t-il en terminant, du lieu où elle peut être et de l'homme qui a pu avoir intérêt à enlever Loïse et sa mère.

—Très bien, cher ami; quand voulez-vous que nous commencions nos recherches?

—Mais dès demain.

—Dès demain, bon; je suis tout à vous. Maintenant, venez, que je vous présente à certaines personnes qui ont envie de vous voir.

—Quelles sont ces personnes?

—Le roi de Navarre, le prince de Condé, l'amiral... Venez, mon cher: vous êtes connu ici, et votre histoire d'évasion de la Bastille va achever de vous valoir l'admiration de ces grands seigneurs...

Bon gré, mal gré, Pardaillan fut entraîné par le comte de Marillac. Celui-ci traversa rapidement deux ou trois pièces et parvint dans le grand salon d'honneur de l'hôtel de Coligny.

Là, autour d'une table, étaient assis cinq personnages.