—De qui parlez-vous, mon père?...

—La fille... du seigneur de Piennes... Ah! je meurs...

—Mon père, calmez-vous... Tout cela est mort pour moi!

—François! Je te dis... qu'il faut la retrouver... elle... et son...

—Le connétable n'eut pas le temps de prononcer le mot qui était sur ses lèvres. Il entra en agonie, balbutia quelques paroles vides de sens et expira.

Ainsi le secret de Jeanne de Piennes ne fut pas révélé à François de Montmorency qui ne chercha pas à savoir pourquoi son père voulait retrouver Jeanne... caprice funèbre d'un esprit qui sombre dans le néant, songea-t-il.

François de Montmorency, après la bataille de Saint-Denis, vécut retiré des champs de bataille. Un jour que la reine mère lui offrit un commandement contre les huguenots, il refusa en disant qu'il considérait les réformés comme des frères d'armes et non comme des ennemis.

Cette attitude lui valut les soupçons et la haine de Catherine de Médicis, qui essaya vainement de pénétrer ses secrets en lui envoyant Alice de Lux. On a vu qu'Alice avait échoué.

Ce fut sur ces entrefaites et dans cette situation d'esprit qu'il reçut un jour la visite du comte de Marillac.

Le comte venait, envoyé par Jeanne d'Albret; il obtint du maréchal la promesse de se rencontrer avec le roi de Navarre.