—Non, sire! dit François avec une modeste fermeté. Mais laissez-moi ajouter que si, un jour, j'étais appelé dans un conseil qui se tiendrait entre vous et le roi de France...

—Eh bien? interrogea Coligny.

—Si une entrevue avait lieu, continua François, et que Sa Majesté Charles IX m'y appelle, je ne chercherais pas à savoir comment cette entrevue a été préparée; j'appuierais de toutes mes forces sur les décisions du roi, et je ne craindrais pas de proclamer que moi, catholique, je suis honteux et indigné de l'attitude des catholiques...

—Vous feriez cela, duc! s'écria le roi de Navarre.

—Je m'y engage, sire, répondit François.

—Duc, fit le Béarnais, je retiens votre parole. J'espère que l'entrevue aura lieu bientôt.

—Et moi, sire, je puis assurer Votre Majesté que mon dévouement lui est acquis, excepté toutefois en ce qui concerne certaines entreprises, ajouta François.

Sur ces mots, le maréchal se retira, escorté par l'amiral qui tenait à lui faire honneur, jusqu'à la porte de son hôtel.

Comme ils traversaient la cour, précédés par deux laquais, mais sans lumière, l'hôtel devant passer pour inhabité, deux hommes s'approchèrent vivement de François de Montmorency.

—Monsieur le maréchal, disait l'un des deux hommes, voulez-vous me permettre de vous présenter un de mes amis en vous priant d'excuser les circonstances de cette présentation.