—Vos amis sont les miens, comte de Marillac, dit François en reconnaissant celui qui lui parlait.
—Voici donc M. le chevalier de Pardaillan, qui a une communication urgente à vous faire.
—Monsieur, fit le maréchal en s'adressant à Pardaillan, je serai en mon hôtel demain toute la journée et serai heureux de vous y recevoir.
—Ce n'est pas demain, dit Pardaillan d'une voix altérée, c'est tout de suite que je sollicite l'honneur de m'entretenir avec le maréchal de Montmorency.
L'émotion de la voix, la tournure de la phrase à la fois impérative et réservée produisirent une profonde impression sur le maréchal.
—Venez donc, puisque l'affaire dont vous voulez me parler ne peut souffrir de retard.
Pardaillan fit rapidement ses adieux à Marillac pendant que le duc faisait les siens à Coligny. Puis les deux hommes sortirent ensemble. Telle était la confiance de Montmorency et sa crainte de compromettre le secret du roi de Navarre qu'il n'avait amené aucune escorte avec lui.
Le chemin de la rue de Béthisy à l'hôtel de Montmorency se fit rapidement et silencieusement.
La maréchal introduisit le chevalier dans un cabinet de l'hôtel, attenant à la grande salle d'honneur.
—Je vous laisse un instant, dit le maréchal, le temps de me débarrasser de ma cotte de mailles.