—Il faut que je vous quitte, Alice! Vous savez qui m'attend. Des résolutions graves vont être prises. Écoutez, si notre plan réussit, c'est la fin de toutes ces guerres... Alice, Alice, écoutez... il ne s'agit de rien moins que d'enlever Charles IX et de lui imposer nos conditions...
Cette fois, un cri sourd échappa à Alice qui, faisant un suprême effort, courut à la porte en disant:
—Silence! Voici ma tante!...
Elle ouvrit la porte, et Laura parut en effet.
Alice n'avait prononcé ces mots que pour arrêter Déodat. Si elle eût été moins bouleversée, elle se fût demandé pourquoi elle n'avait pas entendu s'ouvrir la porte de la rue, et pourquoi l'apparition de Laura coïncidait si bien avec ce qu'elle venait de dire.
Quant au comte, il fut persuadé que la vieille femme venait en effet de rentrer.
—Donc, reprit-il comme s'il continuait une conversation commencée, nous n'aurons pas demain notre bonne soirée.
—Allez, allez, monsieur le comte, balbutia Alice, et que le Ciel vous conduise!...
Comme d'habitude, Déodat, devant la tante Laura, serra les mains de sa fiancée. Comme d'habitude, elle le reconduisit jusqu'à la porte de la rue.
—Déodat, murmura-t-elle alors avec un frisson, ces vapeurs que vous m'avez vues ne sont pas sans raison. Depuis quelques jours, je suis inquiète, je fais des rêves terribles, de sinistres pressentiments m'assaillent...