—Mais la porte est fermée!

—Je l'ai ouverte tout à l'heure. Jeannette.

—Bon! Viens-t-en un peu avec moi à l'office. Tu as bien le temps.

—Non pas, peste!

—Là-dessus, la porte s'ouvre et j'entrevois Jeannette effrayée, qui se cache le visage dans ses deux mains. J'avais commencé à descendre à reculons. A mesure que Gillot s'avance, je recule d'une marche. Enfin, me voilà en bas, je m'aplatis contre la muraille, dans l'espoir que Gillot ne me verra pas, et que je pourrai remonter, tandis qu'il cherchera son vin. Mais voilà cet imbécile qui allume un flambeau! Il m'aperçoit et demeure, un instant, atterré. Enfin, l'esprit lui revient, et il veut pousser un grand cri. Mais trop tard! Je l'avais déjà saisi à la gorge. Il était temps!... Car, au même instant, j'entends au haut de l'escalier une voix qui bougonne contre la négligence de l'officier des caves! C'était l'oncle Gilles qui refermait la porte à clef!... Jeannette s'était sauvée sans doute...

—Diable! diable! grommela le vieux Pardaillan. Ainsi, te voilà enfermé dans la cave!... Je me demande comment tu vas faire, par exemple!

—Mais, monsieur, puisque me voici près de vous c'est que j'en suis sorti! La porte était bel et bien fermée à triple tour. Moi, je tenais toujours mon Gillot par la gorge pour l'empêcher de hurler. Tout à coup, je le vois qui, du blanc, passe au rouge, et, du rouge, au violet. Alors je desserre. Il se jette à mes pieds en disant:

—Grâce, monsieur le truand! Laissez-moi vivre, je ne vous dénoncerai pas!

—Il t'a pris pour un truand! s'écria le vieux routier.

—Il y avait de quoi, monsieur. D'ailleurs, je n'ai eu garde de le détromper: mais, pour plus de sûreté, je l'ai aussitôt bâillonné.