—Eh bien, cette fille, cette enfant, Loïse de Piennes... ou mieux, Loïse de Montmorency...
—Tu l'aimes!...
—Je l'aime. Je l'aime sans espoir. Et pourtant, je veux la délivrer! Et c'est elle qui se trouve dans cette voiture! Elle et sa mère!...
—Ah! Je comprends tout, maintenant! Je comprends les précautions prises hier et aujourd'hui contre moi. Car, si j'avais su la vérité, ce que tu as entrepris, je l'eusse entrepris, moi!
—Mais enfin, mon père, comment se fait-il que je vous retrouve au service du maréchal? Depuis quand êtes-vous dans son hôtel?
—Depuis hier soir seulement. Et j'y ai été gardé à vue. Seulement, le maréchal m'avait dît qu'à partir de minuit je serais libre. Je me proposais de te rejoindre à cette heure-là.
Le vieux Pardaillan fit alors à son fils le récit de sa rencontre avec Damville aux Ponts-de-Cé et ce qui en était résulté. Le chevalier, à son tour, compléta son récit en racontant les principaux événements de sa vie depuis le départ de son père.
Il fut résolu que le vieux Pardaillan retournerait à l'hôtel de Mesmes et qu'il servirait le maréchal avec fidélité en ce qui concernait son plan de campagne politique.
C'était le meilleur moyen d'arriver à savoir ce qu'étaient devenues Jeanne de Piennes et sa fille.
—Au besoin, ajouta le routier, il y a quelqu'un qui doit être instruit de cela. C'est celui qui conduisait: un certain vicomte d'Aspremont. Et, celui-là, je le forcerai à parler.