Il se rendit directement à l'hôtel Montmorency et trouva le maréchal qui l'attendait avec une sombre impatience.

Cette journée et cette nuit, François les avait passées à agiter des pensées confuses et contradictoires.

Tantôt, il convenait que le jeune chevalier avait eu raison et que la ruse, en cette affaire, serait plus utile que la force. Parfois, il arrêtait son esprit avec une sorte de charme effaré sur cet événement qui, par moments, lui semblait chimérique; il avait une fille de dix-sept ans, dont toujours il avait ignoré l'existence! Alors, il souriait, et, presque aussitôt, ses yeux s'emplissaient de larmes. D'autres fois, il songeait à cette mère admirable, à Jeanne, dont il avait reconstitué le martyre depuis sa dramatique visite à Margency; et alors, il comprenait qu'il n'avait cessé de l'aimer...

Et alors, un redoutable problème se posait; et, bien qu'il fît des efforts pour écarter la question, elle revenait implacable: il était marié à Diane de France.

Lorsque le chevalier arriva, il n'osa l'interroger; mais son regard ardent parla pour lui...

Maintenant, ce n'était plus qu'un homme: un homme qui souffrait. Il lut dans ses yeux toute l'angoisse de l'attente.

—Monseigneur, dit-il, je ne m'étais pas trompé... elles étaient bien à l'hôtel de Mesmes.

—Elles étaient! fit le maréchal sourdement.

—Ce qui veut dire qu'elles n'y sont plus. Ah! Monseigneur, il y a dans tout cela une fatalité inconcevable. J'ai failli les délivrer... un coup de pistolet tiré à faux, un bras qui tremble...

—Vous vous êtes donc battu? s'écria François.