—Oui, monseigneur, mais je n'ai pas réussi.
—Battu pour moi!... Chevalier, je vous ai déjà tant de gratitude que je ne sais comment vous exprimer mon amitié. Ainsi, reprit le maréchal en serrant les poings, c'est bien mon frère qui s'acharne contre elle. Et cet homme est de ma famille, de mon sang!... Voyons, racontez-moi ce que vous savez!...
Le chevalier entama le même récit qu'il avait fait à son père. Mais il omit de citer le vieux Pardaillan. Tel quel, ce récit n'en frappa pas moins le maréchal d'une sorte d'admiration.
—Vous avez fait cela! s'écria-t-il.
—Oui, monseigneur, répondit simplement le chevalier; cela n'a d'ailleurs servi qu'à nous bien convaincre que le maréchal de Damville était le ravisseur. Quant à la voiture, où a-t-elle été? Voilà ce que je saurai peut-être avant peu...
François saisit violemment la main de Pardaillan.
—Et moi, jeune homme, je vous dis qu'il faut que je le sache à l'instant! Êtes-vous homme à répéter ce que vous m'avez raconté, même s'il peut en résulter quelque danger pour vous, même devant mon frère?...
—Je suis prêt! fit Pardaillan, avec sa figure de glace.
—En ce cas, vous êtes prêt à me suivre chez le roi?
—A l'instant même, fit le chevalier.