On arriva au Louvre.

Ce matin-là, il y avait réception chez le roi, c'est-à-dire que Charles IX avait admis ses courtisans à son grand lever. Le jeune roi paraissait de bonne humeur; il venait d'entraîner tout son monde pour visiter un nouveau cabinet aménagé au rez-de-chaussée, au-dessous de ses appartements.

C'était une pièce de dimensions assez vastes en elle-même, mais en somme plutôt petite, relativement aux immenses salles du Louvre; Charles IX prétendait en faire son cabinet d'armes et de chasses. La fenêtre de ce cabinet s'ouvrait sur la Seine et dominait la berge de sept à huit pieds. Il n'y avait pas de quai ou port à cet endroit; la Seine coulait, libre et capricieuse, creusant des sinuosités, des baies minuscules dans le sable.

Au moment où nous pénétrons dans ce cabinet, où une quinzaine de personnes étaient rassemblées, le roi Charles IX, tenant à la main une arquebuse que venait de lui remettre son orfèvre-armurier Crucé, jetait de longs regards enivrés sur le paysage qu'il avait sous les yeux.

Et comme son imagination était émue par ce spectacle, l'émotion se transmit au coeur, et il murmura doucement:

—Marie!...

—Sire, dit Crucé, le système nouveau de cette arquebuse permet de viser avec une justesse extraordinaire.

—Ah! vraiment! fit le roi qui, arraché à son rêve, tressaillit et se mit à examiner l'arme.

Un valet s'arrêta à deux pas du roi.

——Qu'y a-t-il? demanda Charles IX.