—Sire, M. le maréchal de Montmorency est là qui sollicite l'honneur d'être introduit auprès de Votre Majesté.

—Montmorency! s'écria Charles IX comme s'il n'eût pu en croire ses oreilles. Il aura entendu parler de la grande paix qui se fait. Et il veut cesser de bouder. Qu'il entre!

Charles IX s'assit aussitôt dans un grand fauteuil de bois d'ébène sculpté richement. Et tous les assistants debout se rangèrent à droite et à gauche du fauteuil.

Alors, on vit la porte s'ouvrir toute grande, et les quatre pages du maréchal entrèrent par deux, le poing sur la hanche, et se placèrent deux à droite deux à gauche de la porte, dans une attitude raidie. Puis le maréchal fit son entrée, suivi du chevalier de Pardaillan.

François de Montmorency s'arrêta à trois pas du fauteuil et s'inclina profondément. Puis, se redressant, il attendit que le roi lui adressât la parole.

Charles IX contempla un instant en silence la noble tête du maréchal, campé dans une attitude de force et de dignité.

Seul, Henri de Guise fixait sur le maréchal un regard dédaigneux et presque haineux.

—Soyez le bienvenu, monsieur le maréchal, dit enfin Charles IX. Depuis si longtemps que vous avez déserté la cour de France, on pouvait craindre que vous ne fussiez mort. Je vous vois heureusement bien vivant.

Ayant satisfait sa petite rancune par ces railleries anodines, Charles IX ajouta d'un ton plus sérieux;

—L'essentiel est que vous êtes là et que vous nous revenez enfin. Encore une fois, soyez le bienvenu.