Le mur était épais, solide. Au-dehors, heureusement, le tumulte continuait. Mais des fascines s'accumulaient au pied de la maison.
Catho, d'un geste, appela le routier à la fenêtre et, du doigt, lui montra un homme qui, dans la rue, se lamentait, se tordait les bras, s'arrachait les cheveux:
—Le marchand de volailles! dit-elle.
Quelques instants plus tard, un épais tourbillon de fumée monta au ciel et, bientôt, la flamme s'élança en langues écarlates et commença à lécher les murs de la maison.
La maison brûla. On eut toutes les peines à éteindre ensuite l'incendie qui avait gagné les maisons voisines et menaçait toute la rue. Quelques voisins subirent des pertes graves; mais cela comptait pour peu de choses; l'essentiel était que Maurevert, Quélus et Maugiron purent se rendre au Louvre bras dessus, bras dessous.
Maurevert fut reçu par la reine Catherine de Médicis.
Les deux mignons le furent par le duc d'Anjou.
—Madame, dit le premier à la reine mère devant Nancey qui faillit en avoir la jaunisse de jalousie, madame. Votre Majesté est vengée: nous avons pris le jeune truand comme un renard au terrier, et nous l'y avons enfumé, c'est-à-dire bel et bien grillé, moyennant un feu de joie dont nous avons fait flamber sa maison.
—Maurevert, dit Catherine, je parlerai de vous au roi.
Quant à Quélus et Maugiron, ils dirent au duc d'Anjou: