Marillac, bouleversé lui-même par une indicible émotion, ne remarqua pas le trouble qui agitait Ruggieri. Il se contenta de s'incliner, et, comme Ruggieri lui faisait un signe, il le suivit d'un pas ferme.
Arrivé au premier étage, Ruggieri poussa une porte et s'effaça pour laisser passer le comte le premier.
—Ma mère! songea le jeune homme.
—Voilà donc mon fils! pensa la reine.
—Monsieur, dit froidement Catherine, je ne sais si vous me reconnaissez...
—Vous êtes..., dit Marillac, emporté par l'irrésistible besoin de passion filiale qui germait en lui.
—Eh bien? interrogea Catherine, dont le coeur à cet instant battit sourdement.
—Je reconnais Votre Majesté, reprit le comte, vous êtes la mère... du roi Charles IX de France...
—Bien, monsieur. Je vais vous parler en toute franchise. J'ai su que vous étiez à Paris; ce que vous y êtes venu faire, quelles personnes vous y avez accompagnées, je ne veux pas le savoir... Je sais seulement que le comte de Marillac est un ami fidèle de notre cousine d'Albret; je sais que la reine Jeanne a, en vous, une confiance sans borne; et comme je veux parler à cette grande reine à coeur ouvert, j'ai pensé que vous lui seriez un messager agréable...
Le comte, faisant un effort sur lui-même, répondit d'une voix très calme: