XXXII

A QUOI S'AMUSAIT LE PETIT JACQUES-CLÉMENT

Le chevalier de Pardaillan accompagna Marillac jusqu'à la porte de l'hôtel Coligny. Il était à ce moment environ minuit. Pendant le trajet, Marillac, violemment ému de la scène que nous venons de raconter, ne dit que peu de mots. Mais il pria son ami d'entrer avec lui dans l'hôtel, ce à quoi Pardaillan consentit.

Le comte fit réveiller aussitôt le roi de Navarre, Coligny et leurs compagnons.

Dès qu'ils furent réunis, Marillac leur dit que Catherine de Médicis connaissait leur retraite.

—Il faut fuir, dit Coligny simplement.

—Il faut rester, répondit le roi de Navarre avec fermeté, mais sans pouvoir réprimer un frisson. Si Catherine n'a pas encore fait cerner cette maison, c'est qu'elle a des intentions qu'il faut connaître à tout prix.

—Votre Majesté est dans le vrai, dit Marillac.

Il raconta alors, de point en point, son entrevue avec la reine. Une longue discussion s'ensuivit, et il fut convenu que la reine Jeanne, véritable chef des huguenots, devait être mise au courant. Les propositions de Catherine furent d'ailleurs bien accueillies par Coligny, qui rêvait sincèrement la paix et que l'idée d'aller porter secours aux protestants des Pays-Bas enthousiasma.

On décida que Marillac partirait aussitôt que possible.