Il y avait là un homme, qui paraissait diriger le travail, deux femmes, une jeune fille, activement occupés à façonner des fleurs. A quelques pas de ce groupe, un enfant travaillait tout seul...
Pardaillan s'arrêta à le contempler.
En effet, l'enfant était remarquable par la vive intelligence qui éclairait ses grands yeux profonds. Il était pâle et malingre. Il dégageait de la tristesse.
Parfois, il reculait au bout de son petit bras tendu le bout de branche artificielle qu'il travaillait, et clignait des yeux pour mieux l'examiner; alors, il rectifiait les détails qui lui semblaient défectueux, et la besogne reprenait, plus acharnée, plus passionnée. Cet enfant avait une âme d'artiste.
Sans savoir pourquoi, Pardaillan s'intéressait à ce travail, au point d'en être ému.
—Que fais-tu là, petit? demanda le chevalier. Tu travailles?
—Oh! non, monsieur, je m'amuse.
—Oui-da? Mais c'est très joli ce que tu fais...
La glace était rompue. Le chevalier s'était accroupi près de l'enfant. Et il s'amusait, lui aussi! Il redressait des bouts de branches, piquait des fleurettes qui tremblotaient sur leur tige en fil de fer.
—Je fais de l'aubépine.