—Quelque bouvreuil effarouché, mon doux amour...

—François! François! oh! j'ai peur...

—Peur? Chère aimée! depuis trois mois que tu es mienne, depuis l'heure bénie où notre amour impatient a devancé la loi des hommes pour obéir à la loi de la nature, plus que jamais, Jeanne, tu es sous ma protection. Que crains-tu? Bientôt tu porteras mon nom. La haine qui divise nos deux pères, je la briserai!...

—Je le sais, mon seigneur, je le sais! Et même si ce bonheur ne m'était pas réservé, je serais heureuse encore d'être à toi tout entière. Oh! aime-moi, aime-moi, mon François! car un malheur est sur ma tête!

—Je t'adore, Jeanne. J'en jure le ciel, rien au monde ne pourra faire que tu ne sois ma femme!

Un éclat de rire, sourdement, retentit tout près...

—Ainsi, continuait François, si quelque peine secrète t'agite, confie-la à ton amant... ton époux.

—Oui, oui!... ce soir. Ecoute, à minuit, je t'attendrai... chez ma bonne nourrice... il faut que tu saches!...

—A minuit, donc, bien-aimée...

—Et maintenant, va, pars... adieu... à ce soir...